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11 janvier 2012

Canal Street et Skeuds vous invitent à la soirée de clôture de Street Legends à La Bellevilloise

Vous avez grandi avec la Radio 7, le Manhattan Show, la Stan Smith, les Free Jams de Stalingrad ou le Kids Street News de notre ami K'Mar' ?

Vendredi qui vient, Canal Street et Skeuds vous invitent à clôturer la saison 1 de Street Legends, l’émission des objets iconiques de la street culture.

Retrouvez Sidney de l'émission mythique Hip Hop, le dimanche à la place de Starksy & Hutch, sur TF1 pour mettre l'ambiance, avec au programme:

street legends

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27 août 2011

Kanye West devient une comédie musicale

Deux étudiants ont eu un doux rêve, s’inspirer très largement de la vie de Kanye West pour en faire une comédie musicale sobrement intitulée Kanye: The Musical.

Ces deux étudiants australiens, Phillip Roser et Damien Higginbotham, vont aller au bout de ce rêve puisque la première représentation de leur comédie musicale sera donnée le lundi 5 septembre au Cellar Theater de Sydney

Ce seront eux qui auront la difficile mais si motivante tâche de jouer les personnes importants de la vie de Yeezy.

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01 novembre 2008

Funk, R&B, Soul, Hip Hop et Rap: Musiques de banlieues, musiques d'arabes ? Part 3 (Débat)

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Alors qu'en est-il vraiment du public des musiques black urbaines ?

Déjà victimes de racisme, les beurs et les blacks n'ont, d'après la légende, le droit d'écouter que du rap, du funk ou du r&b.
Et si l'on retourne le problème, les musiques urbaines ne sont que des musiques pour banlieues désoeuvrées et livrées à elles mêmes. Des musiques pour arabes et noirs qui seraient incapables d'écouter autre chose ?

Nous tenterons, avec vous, de faire le point sur ces préjugés qui ont la vie dure. Et de les combattre.

Nous ferons une petit historique des musiques urbaines (Soul, Funk, Rap, New Jack, R&B, Hip Hop) et de leur arrivée en France.

Bref, on attend vos opinions, vos avis, vos coups de gueule, vos histoires, vos souvenirs ... on attend de vous que vous nous causiez.

Et tant pis si vous n'êtes pas beur ou black, on ne vous en voudra pas ...

Et pour remercier de participer, ceux qui le feront recevrons l'adresse afin de télécharger notre émission BLED MUZIK ANIMEE EN ARABE, SPECIALE 30 ANS DE MUSIQUES URBAINES, D'UNE DUREE DE DEUX HEURES

 

TROISIEME PARTIE ... (la première partie est ICI. La seconde ICI)

 

Comme, il n'y a pas que des noirs et des arabes en banlieue et il n'y a pas qu'en banlieue que les musiques urbaines ont du succès.

Bientôt, avec ce genre de raisonnements, il faudra sortir son passeport pour écouter de la musique noire. Et encore !!
Car bon nombre de beurs ou noirs de la seconde génération sont aussi français que .... des français. Alors à qui se fier ?

A la musique bien sur, et uniquement à elle. Elle a cette qualité d'être universelle.

Alors qui que vous soyez, d'où que vous soyez, ces musiques n'attendent que vous. Et gageons qu'elles ne sont pas racistes. Et surtout qu'elles se laisseront écouter par vous. C'est leur seul but, leur seul dessein.

Alors comme a fait dire Audiard de la bouche de Gabin, MUSIQUE !!!

Même si les musiques urbaines ont bien changés.

Rien ne ressemble à ce que l'on pouvait écouter en 82 (une année phare pour certains). Le Funk est mort et les gens scotchés dans les années 80 sont en deuil. Et pas seulement depuis la mort de Barry White.

Les annéées 90 semblent encore plus lointaines. Le Hip Hop actuel ne se vend quasiment plus, le Rap l'ayant remplacé. Et encore, on a passé l'époque Crunk. Le pire que la musique noire urbaine ait connu.

J'ai assisté en 2005 à une conférence à New-York dont le thème était: Crunk, une musique qui s'exporte ? Les musiques noires peuvent elles encorer se vendre en dehors des Etats-Unis ?

La réponse fut non. Qui en France goute à la South ? Aux déjections musicales du triste Lil Jon. A Skeuds, on n'aime pas franchement. Et la raison, enfin un peu de raison, semble avoir touché nos amis américains.

Il n'est pas dans nos propos, d'en vouloir à la nouvelle vague R&B/Rap et de lui demander de nous redonner du son 80s ou 90s.

Non, mais au moins de savoir chanter, d'avoir des compositions cohérentes.

Aux rappeurs d'avoir du flow de rappeur pas d'imiter Daffy Duck.

Et pourtant les musiques urbaines ne se sont jamais autant vendus. Enfin oui et non. Les albums phares, se vendent bien malgré le piratage. Mais le reste, tout le reste soir 99,5% de la production se vend t-il ?

Pas vraiment.

Même des têtes d'affiche comme Mary J Blige ont des soucis à se faire. Car son positionnemt est difficile. La plupart des gamins n'étaient pas nés lors de Real Love. Elle atteint un age difficile pour plaire à tous les plublics. A votre avis, pourquoi Whitney Houston, Michael Jackson, Toni Braxton et autre rechignent à revenir dans les bacs.

La peur de faire un bide. Au bidet les vieux.

Avez-vous remarqué qu'il n'y a plus de groupes de R&B, seulement des chanteurs (enfin des chanteurs, si l'on veut) et des apprenties chanteuses. Plus de duos non plus. Ni de trios.

Même un groupe emblème comme Boyz II Men n'a pas resisté à ces nouveaux théorèmes. Je l'ai vu à New York en 2004 et le public était en folie, en pure folie. Toujours aussi populaire le groupe de vieux. Et pourtant .... à part une triste compil indigne de leur standing.

Il faut que le public puisse s'identifier à ces idoles donc à une individualité. L'époque est au repli sur soi. Dommage, on ne reverra plus En Vogue, D Influence, Jade, 112 ... ou si nous les revoyons un jour, ce sera sur un label obscur pour un album qui ne le sera pas moins.

Et pour le Hip Hop, c'est la même. Plus de Lords, plus de Mobb Deep, enfin plus dans les hauteurs des classements.

A Skeuds, nous savons qu'il y a encore des choses de qualité. Mais planquées au milieu d'un tas de merdes immondes. Et depuis plus de deux ans nous essayons de vous donner le meilleur de ces musiques que, malgré tout, nous aimons beaucoup.

Nous allons essayer de continuer notre taff en Saison 3. Et que vous soyez noir, arabe, polonais, moldave, suédois, on s'en secoue les burnes mais on vous donne rendez-vous en Saison 3, j'espère le plus rapidement possible.

Et si vous désirez participer à l'aventure Skeuds, c'est enocre possible.

Alors, tous ensemble, schtroumpfs, blancs, rouges, noirs, arabes ou martiens, on fera que ces musiques urbaines sortent de leur ghetto et que les cistes-ra restent à la porte.


Et vous qu'en pensez-vous ?

Que pensez-vous de ces clichés concernant les musiques urbaines les associant à la banlieue. Aux blacks, aux beurs ?
Que pensez-vous de ces préjugés sur les blacks, les beurs ?
Exprimez-vous ... parlez nous également de vos souvenirs musicaux ... cela nous interesse beaucoup, surtout si vous n'êtes pas d'accord avec nous .... mais en toute courtoisie et avec politesse. N'alimentez pas la lie dont ce servent certains borgnes à décrier la mixité, la diversité.

Les formules du genre "ta mère elle s*ce des ours et ton père c'est John Mc Cain" seront effacées.
Par contre, nous ne censurerons pas les propos qui vont à l'opposé de notre pensée, bien au contraire.
Seul le débat peut faire bouger les choses mais dans le respect d'autrui et avec courtoisie.

Nous ne cherchons pas des Victor Hugo, ni des Claudel mais nous vous demandons de vous exprimer avec vos mots. Inutile de chercher à briller, le simple fait de participer à ce débat, vous honore et nous honore.
Car, souvenez-vous que nous avons besoin de vous. Et que nous vous le rendrons ... au centuple.

31 octobre 2008

Funk, R&B, Soul, Hip Hop et Rap: Musiques de banlieues, musiques d'arabes ? Part 2 (Débat)

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Alors qu'en est-il vraiment du public des musiques black urbaines ?

Déjà victimes de racisme, les beurs et les blacks n'ont, d'après la légende, le droit d'écouter que du rap, du funk ou du r&b.
Et si l'on retourne le problème, les musiques urbaines ne sont que des musiques pour banlieues désoeuvrées et livrées à elles mêmes. Des musiques pour arabes et noirs qui seraient incapables d'écouter autre chose ?

Nous tenterons, avec vous, de faire le point sur ces préjugés qui ont la vie dure. Et de les combattre.

Nous ferons une petit historique des musiques urbaines (Soul, Funk, Rap, New Jack, R&B, Hip Hop) et de leur arrivée en France.

Bref, on attend vos opinions, vos avis, vos coups de gueule, vos histoires, vos souvenirs ... on attend de vous que vous nous causiez.

Et tant pis si vous n'êtes pas beur ou black, on ne vous en voudra pas ...

Et pour remercier de participer, ceux qui le feront recevrons l'adresse afin de télécharger notre émission BLED MUZIK ANIMEE EN ARABE, SPECIALE 30 ANS DE MUSIQUES URBAINES, D'UNE DUREE DE DEUX HEURES

 

DEUXIEME PARTIE ... (la première partie est ICI)

 

Yop Yop, 90s Girls, 90s R&B ...

 

Le début des années 90 sera toutefois New Jack avec un nombre assez impréssionnant de productions mais le mouvement s'essouffle assez rapidement. Tout se ressemble.

Le porte drapeau, Teddy Riley n'a plus la gouache, ni la vibe New Jack Swing du début.
Mais il faut dire que Michael Jackson lui a signé un gros chèque pour être produit par lui. On est très loin de Kids At Work.
Les clones de TR ont moins de talent, moins de créativité. Les Yop Yop se font plus rares et plus dissonants. Exit la New jack. Vive le R&B nouvelle vague. Et sans Godard, ni Lelouch.

93 (décidement on y revient toujours) est un tournant majeur pour les musiques urbaines. Pas ou plus de Funk mais du R&B. Du lourd !!!

La scène anglaise est toujours super présente (le succès de Soul II Soul y est pour beaucoup) avec l'Acid Jazz et ses représentants (Opaz, Brand New Heavies, Incognito, Omar, la liste est longue) ...


Les américains, eux, ont compris que le Hip Hop et le R&B peuvent, non, doivent cohabiter.

Et en France tout le monde adhère. Oui tout le monde. Et pas seulement ceux auxquels l'on pourrait penser.

C'est l'époque de Zhane produit par Naughty by Nature et de SWV, un groupe de soeurs avec voix, qui s'acoquine avec le Wu Tang, le nouveau groupe leader du Hip Hop.

Que du bonheur je vous dis. Tout le monde tombe d'accord, blancs, beurs, schtroumpfs, blacks ... c'est du bon, c'est du lourd !!! C'est pas encore Skeuds.

Et même les nostalgiques du Funk se mettent à revivre.

Ce sont les anglais qui vont refaire danser nos petits beurs coincés en 82. Et dire que les British ne savent pas qu'ils sont dans nos banlieues et ailleurs.

Et pourtant et malgré cela, ces English vont faire du R&B à base de samples de Funk. Sans payer les droits, mais ça on s'en bat les reins. Seul le résultat compte.
Les anglais chantent, les banlieues françaises font la teuf !!! Et tout le monde est content.

Le rap français continue son petit bonhomme de chemin avec NTM, Assassin, bref des noirs, des arabes, des portugais, des français ... une preuve que le métissage n'est pas un mythe mais bien une réalité. Et que cela peut marcher, que cela marche. Le temps des Frères Jacques est révolu depuis longtemps.

Le rap français n'a jamais été aussi bon, aussi populaire, aussi présent. Il est à son apogée.

Et ne parlons pas des DJs. Et pourquoi nous n'en parlerions pas? Mais si, parlons en justement.

Ces DJs sont bien souvent issus de l'immigration. Et ils ont souvent du talent.

CutKiller qui a tout appris (ou pris, c'est vous qui voyez) de Dee Nasty s'appelle Alnouar. Un Dj du nom de DJ Goldfingers apparait dans une petite boutique que j'ai l'honneur de diriger, Soul 2 Soul à Paris, une mixtape à la main. Il est encore trop tiimide pour causer.
C'est son pote, mon pote, Khaled qui le fait pour lui. Karim me parlera plus tard et il n'aura pas à s'en plaindre.

Et Karim n'est pas vraiment Breton ou Cévenole. Ou s'il en est, il le cache bien le bougre.

Comment ? Un immigré qui plus est arabe, disons maghrébin comme on dit israélite, peut mixer, scratcher tout en mettant la main (la troisième ?) dans le sac d'une petite vieille?


Ces immigrés ont tant de talent que cela ?
Oui mais pas sans travail, volonté, intelligence et hargne ...

Ils sont forts ces arabes, pardon ces maghrébins. Et ils ne sont pas tous voleurs vous savez, j'en ai même vu qui allaient à l'école, oui la notre, celle de la République.

Les noirs, pardon, les blacks ne sont pas en reste: Rappeurs, danseurs, chanteurs, ils ont enfin un champ d'expression à leur convenance, à la mesure de leur talent et cela n'empèche pas beaucoup d'entre eux de faire de brillantes études, de faire du biz, du vrai pas celui de la rue, d'être reconnu socialement et pas seulement par leur couleur.

Et oui, le talent n'a pas de couleurs. Non encore une fois, les arabes ne sont pas tous des voleurs, des tireurs. Et les noirs ne sont pas tous éboueurs ou techniciens de surface.

Il ne s'agit uniquement que de volonté, pas de couleurs ou d'origine et ces gars aux passeports verts ont la rage.

On leur a souvent dit que les études n'étaient pas pour eux, que les banlieues ne formaient que des balieusards. Ils montreront que ces clichés même si ils ont la vie dure, ne tiennent pas longtemps devant l'illustration, devant l'exemple. Demandez le donc à Malamine Kone ce qu'il en pense. l'Airness de rien ...

CutKiller affirme sa Haine et se prend pour Funkmaster Flex. Il est encore là et surement pour longtemps.
Il a tout compris. Cut n'est pas un arabe qui mixe mais un DJ qui donne du plaisir aux gens dans les soirées. La différence est de taille. Aux platines, il n'est pas plus arabe que moi, mais certainement un bien meilleur DJ que je ne le suis, moi. le bon français.

On aimerait que tout le monde saisisse la nuance.

Ses plus belles soirées, nos plus belles soirées auront lieu au milieu des années 90. Avec l'éclosion des mixtapes, de Skyrock ...

La musique est partout et pour tout le monde. Et le R&B et le Hip Hop sont à leur meilleur niveau.


Aux Etats-Unis, les musiques blacks permettent à leur créateurs, à leurs interprètes de gagner de l'argent, de la renomée et ces afro-américains prennent le pouvoir des charts.


Les minorités le sont moins. Comme en France.

La France de 98 gagne ... un mur de poncifs tombe, comme à Berlin.

Mais les préjugés ont la vie dure, et qui dit Funk, dit Arabe.

A croire que Idir est produit par Terry Lewis & Jimmy Jam ou par Jacques Fred Petrus (RIP).

Et comme, qui dit arabe, dit banlieues, le Funk égal banlieues. La transitivité a beau jeu.

Les artistes améicains de l'époque seraient étonnés en prenant connaissance de cette équation mathématique insolvable, digne de Fermat.

A croire que l'on en veut aux gars de banlieue de ne pas écouter les soupes servies par M, Francis Cabrel Benabar ou autre Ophelie Winter. On peut tout reporcher aux banlieues mais pas d'être sourdes.

Et raccourcir les musiques urbaines à la banlieue est l'arbre qui cache la forêt. Et il faut bien lire, l'arbre, pas l'arabe. Merci.

Il faudrait peut-être reprocher aux beurs et aux noirs d'être plombiers, profs, médecins, DJs, bref de faire des métiers de français. En France, faire des métiers de français c'est suspect.

Ces beurs et ces noirs n'ont plus pour unique ambition de manier le balai ou de devenir épicier. Ils rêvent de réussite sociale. Encore plus suspect, non ?

Et quand ils s'investissent dans quelque chose, souvent ils réussissent. Ni plus, ni moins que les autres. Encore encore plus suspect, n'est-il pas ?

Non, c'est seulement rassurant et précieux.

Alors, les raccourcis Funk = Arabes et Rap= Noirs même si ils peuvent peut-être parfois se vérifier, occultent le fait qu'il n'y a pas que les minorités qui écoutent les musiques urbaines. On ne va pas aussi leur reprocher cela ?

La suite très prochainement .... ICI

 

Merci de participer, ceux qui le feront (en disant autre chose que "coucou", ou "oui") recevrons le lien pour télécharger notre émission LE MAINSTREET SHOW SPECIALE 30 ANS DE MUSIQUES URBAINES, D'UNE DUREE DE TROIS HEURES

Merci de d'indiquer votre adresse email exacte lors de votre post.

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29 octobre 2008

Funk, R&B, Soul, Hip Hop et Rap: Musiques de banlieues, musiques d'arabes ? (Débat)

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Alors qu'en est-il vraiment du public des musiques black urbaines ?
 
Déjà victimes du racisme, les beurs et les blacks n'ont, d'après la légende, le droit d'écouter que du rap, du funk ou du r&b.
Et si l'on retourne le problème, les musiques urbaines ne sont que des musiques pour banlieues désoeuvrées et livrées à elles mêmes. Des musiques pour arabes et noirs qui seraient incapables d'écouter autre chose ?

Nous essayons donc de lancer le débat, et voici donc la première partie de notre histoire des musiques blacks urbaines en France et de notre analyse sur la diversité communautaire ... tout du moins de la vision que l'on veut bien nous en donner.

 

 

Au début, le désert ...

 

Get Up, Get Down. Depuis l'arrivée de ces musiques noires en France, les minorités raciales, les beurs et les blacks en particulier, s'en sont emparés.

Mais tout ceci n'est qu'une partie de l'iceberg. Un iceberg de préjugés qui ont la peau dure.

C'est vrai que la Soul avec pour leader James Brown a fait swinguer bon nombre de cités, que le Funk, venu quelques années plus tard, a fait rêver et alimenté des centaines de soirées dans des boites comme le Pass' (Pacific), le Midnight Express, le Moretti ... mais également des boites comme Le Palace, le Rex Club ... dans lesquels les banlieusards n'avaient pas droit de cité.

Que Positive Force, Delegation et Barry White chantaient des hymnes qui devenaient nationaux dans les "tiers-quar", des hymnes que personne n'a osé siffler.

Il n'était pas besoin d'habiter en cité ou en banlieue pour les aimer. Pour les écouter, oui, enfin peut-être. Quoi que !!!! C'est sur, le téléphone arabe fonctionnait bien mieux dans nos quartiers qu'ailleurs. Entre le foot et le baby. Il était quasi-indispensable pour faire passer le message. L'entassement a parfois du bon.

Et à l'époque, il n'y avait pas beaucoup de médias pour diffuser et donc faire entendre ces musiques venues d'ailleurs.

RTL et Europe No1 étaient hégémoniques sur les ondes et il ne fallait pas compter sur la première chaîne, Antenne 2 ou FR3 pour voir le moindre noir nous chanter Ramona à la télé si ce n'est La Compagnie Créole et encore si l'on avait été sage. Servie par la mère Danielle Gilbert, ces noirs là ne ressemblaient pas vraiment à ceux des pochettes de disques américains. Encore un postulat qui tombe. Tous les noirs ne se ressemblent pas. Il y en a de plusieurs sortes. Mazette !!!

On croit rêver.

De plus, quand on voyait un black, on essayait de nous faire croire qu'il était le seul, l'unique. Mais ce complexe est toujours rémanent dans notre beau pays. C'est une tradition bien française.

Souvenez vous: Boney M fut quasiment l'unique groupe Disco visible en France même si l'on a eu droit à la pause Ottawan lancée par Bellolo et Morali (encore!). Qui eux, reconnaissons le, ne sont pas noirs.

C'est François Mitterand et ses radios libres qui lancera le Funk en France. Sans le savoir, d'ailleurs. Si il l'avait su, il l'aurait certainement mis sous écoute ... mais avec le nombre important, à l'époque, de sorties hebdomadaires, il lui aurait fallu beaucoup beaucoup d'oreilles ... plus en tout cas que pour écouter Jean Edern ou Carole Bouquet. Mais revenons à nos artistes, aux vrais, à ceux qui nous préoccupent.

 

RTL, Bernard Shu et Sugarhill Gang

 

Avant cela, le premier qui nous amena sur un plateau d'argent du Funk à la radio, à la fin des années 70, fut Bernard Shu (RIP). Ce DJ/animateur, animait le Hit des Clubs, le samedi soir sur RTL, pardon, sur WRTL. On voit immédiatement la culture US dans cette appellation radiophonique.

Ce monsieur qui habitait sur une péniche sur les quais de la Seine, a été le premier a programmer Rappers Delight de Sugarhill Gang en Europe - un mardi soir à 23h. Excusez du peu et ce quelques jours seulement après WBLS à New-York. Bravo et merci encore Arshu !!! Respect.

Ce type a élagué pour les radios libres un terrain miné de chanson française (légitime et de bien meilleure qualité que l'actuelle, ce qui n'est pas un exploit) et de faux chanteurs lancés sur la vague Disco par des producteurs sourds mais pas aveugles, enfin pas insensibles aux belles couleurs des Pascals (un Pascal, des Pascaux ???) de l'époque (billets de 500 francs soit 80 euros environ).

Bref, il aura tout donné ou presque et il faut se souvenir qu'à l'époque, point de lecteur mp3, pas de walkman, peu de possibilités d'enregistrer quoique cela soit, à moins de s'appeler bien sur Mitterrand ou de disposer d'une chaine hi-fi avec enregistreur de K7 mais c'était plus cher. C'est dire si l'on attendait ce rendez-vous quotidien et hebdomadaire avec impatience. Comme de juste, après les résultats de la dernière journée de foot sur la même antenne.

Mais rendons à Mitterand ce qui appartient à Tonton, c'est à dire la création des radios libres qui libéra beaucoup de talents et qui continue de le faire.

Le Funk et la musique noire importée des Etats-Unis ou d'Angleterre est enfin à portée de radio, à portée d'oreilles. De toutes les oreilles. d'où qu'elles viennent, d'où qu'elles écoutent.

L'Etat lui-même donnera l'exemple en créant une radio libre pour jeunes, Radio 7, dans les locaux de Radio France (au premier étage à gauche par l'escalier, à droite c'était comme de coutume, les toilettes).

Et pendant ce temps, les jeunes, français, arabes et africains jouent au foot, se font refouler des boites de nuit ou passent des examens - pas seulement à l'hôpital. Une jeunesse normale qui passe son temps comme elle le peut. Une jeunesse qui écoute bien sur de la musique. Le plus souvent à la radio. Pas le choix. Pas encore.

 

Radio 7, Sidney, Carbone 14 et les radios libres

 

Radio 7 nous donnera l'une des émissions de radio les + mythiques de Funk en ce début des années 80.

Issus de Radio France, deux animateurs de talent, Smith et Wessun, nous offriront un véritable récital de Funk avec Destination Planète 7, pendant plusieurs années. Ils reprendront le concept utilisé par Bernard Shu, un petit animateur robot, et une programmation de OUF. Mais à l'époque, c'était hyper facile. Tout était bon !!!! Mais leur sélection n'en était que plus excellente.

Radio 7 a également eu la chance d'avoir Sidney. Enfin !! Et de la radio, la télé n'était pas trop loin.

 

H I P, H O P !!!!

 

Alors ça vous revient. Un black avec une casquette (à l'époque ce n'était pas courant) qui débarque d'un avion à Roissy et qui nous parle de musiques venues d'ailleurs. De musiques faites par d'autres blacks. Si si, c'est possible, les noirs savent aussi chanter.

Alors, Sidney ? Un noir à la télé !!!! Oui, un noir, enfin pas trop, un peu, un noir à la Obama en moins politique et en tout aussi démocrate.et politiquement correct. Mais avant tout et surtout un fou de Funk, un musicien de talent, membre du génial groupe Black White & Co. Un type qui sait de quoi il cause. Même si il est noir ... bah voyons, c'est possible cela ?

Et quel animateur. Un modèle, vraiment !!! Bien meilleur que le DJ qui sévit désormais dans certaines soirées R&B parisiennes.

Un tribun entertainer qui rendit coup pour coup à un ancien marin breton qui grimpait dangereusement dans les sondages. Œil pour œil, dent pour dent, mais Sidney, lui, a encore les siens. Dommage pour l'autre. La musique est plus forte que l'avanie, encore plus quand elle est bonne et distillée comme cela.

A côté de cela, il y eut Phil Barney (et oui, l'ex ancien chanteur), qui a commencé sa carrière comme vendeur dans un magasin de skeuds à Montparnasse, le Mini Club de Nuit ouvert par le créateur de Champs Disques, Alain Markezy. Un talent de fou qui fit les bonheurs de Carbone 14, la radio qui révéla Jean Yves Lafesse. Une radio que les sbires de Mitterand ont tenté à maintes reprises de fermer avec l'appui des CRS commandités par Michelle Cotta. Oui, la même Michele Cotta reconvertie en confidente des people/politiques. Mais encore une fois la musique fut plus forte que le pouvoir qui avait permis son existence. Ubuesque.

 

Phil animait sur Carbone une émission de Funk en plein après-midi. Une émission qui fit louper les cours à un nombre incalculable de collégiens et de lycéens. J'en fut, je le revendique. Pardon maman.

On se souvient encore de ses mélopées et de ses envolées lyriques sur Too Hot de Pure Energy.

Un truc de fou !!! Un truc de psychopathe, bien avant le 113. un feuj d'Algérie on da mic, du jamais vu, enfin pas comme cela.

 

Le Manhattan Show, Sidney et Sex Maxhine ... et Dee Nasty

 

Et qui pourrait oublier le Manhattan Show ? Pas moi en tous cas. Et encore moins vous, puisque sur Skeuds, nous avons ressorti cette émission des placards. Et ça marche !!! A l'époque, plusieurs centaines de milliers d'auditeurs en Ile de France écoutaient cette émission, d'abord sur Mercure 104 FM puis sur Canal 89. Merci Jean Michel, Fabrice et Deborah.

Ce début des années 80 marque une France dominée par le socialisme revanchard, les bons sentiments à pas cher, par une gauche caviar qui ouvre et ferme des placards. Et enfin et surtout par une reconnaissance des enfants des éboueurs-garagistes-maçons de nos rues, de nos villes, de nos quartiers. Il était temps.

Les beurs et les blacks font la fête sur ces musiques urbaines. Ils dansent, chantent sur le Funk de Slave, Kool & The Gang ou Alicia Myers. Ils commencent à trouver leurs marques dans la société française. Montrent un visage que l'on ne voulait pas regarder. Pas voir.

Le milieu des années 80, marque l'arrivée en masse du Rap et du Break, suivis de près par l'Electro. Les beurs restent avec Barry White, moins bon danseurs que les blacks, qui eux se retrouvent à la Défense ou à Stalingrad avec l'ami Dee Nasty, le Dj des pauvres, le Dj de Belleville. Le premier Dj médiatique en France. Un cœur en or.

Un blanc, un français, un comble !!!! Que vient faire ce toubab dans cette mélasse ?

Tandis que TF1 fait le choix Sidney, Antenne 2 choisit un scénariste de BD et un amoureux de musique (plutôt blanche) pour animer la première émission de Funk à télé: Sex Machine. Ce sont Jean Pierre Dionnet et Phlippe Manoeuvre accompagnés de la pulpeuse et regrettée Pauline Laffont.

Quelle émission !!!

Un florilège des meilleurs clips de l'époque présenté(s) sur un scénario signé Dionnet. Du jamais vu.

Le Funk rentre en force à le télé, et avec la télé dans les foyers mais sans trop bousculer les clichés. Les tabous sont tenaces.

Mais revenons à Dee Nesty, mon ami Daniel.

Ce Dj de légende s'émancipa sur Radio 7, puis fit les beaux jours de Nova avant de se faire virer par quelqu'un à qui il avait fait une fleur. Et pourtant, je l'avais prévenu.

 

NTM, Yop Yop ... avec Teddy Riley

 

C'était le belle époque des débuts d'un groupe composé par deux dyonisiens du nom de NTM, de Lionel D, le vigile de supermarché apprenti rappeur ...

Le rap français était né et d'entrée les meilleurs ont profité de cette naissance pour faire carrière. Et à en croire le nombre de spectateurs présents à leurs derniers concerts, ils le méritaient amplement. Et dire que j'ai été au patronage avec Didier. Marrant. Et oui, moi aussi, je suis de Saint-Denis.

Quand je lui ai raconté cela, il y a six ans environ devant Sony Music à Wagram, ça l'a bigrement fait marrer. Spank aussi d'ailleurs.

Mais le rap français n'a pas empêché le Funk de perdurer dans les oreilles de nos banlieusards. Et des autres.

La faute aux radios libres, qui plus libres que jamais, malgré le retour d'une droite sursitaire aux affaires (qui causera la fin de Radio 7), s'en donnent à cœur joie et utilisent au mieux le large catalogue de cette vaste musique. Elles font passer le message, partout et pas uniquement dans le Nord, car les ondes radios comme celles de Tchernobill, ne s'arrêtent pas aux frontières, ni des banlieues, ni des pays.

Mais le son change. Les noirs américains veulent plaire au public blanc. Ils mettent des guitares électriques dans leurs chansons.

Alors, les beurs, les noirs et les autres font de la résistance et nomment Oliver Cheatam, ministre du Funk et Barry White, ministre du patrimoine International. Aucune soirée digne de ce nom ne peut se passer de Get Down Saturday Night.

L'intelligence de ces amoureux de musique a été de perpétuer ce mythe du Funk et de la Soul et de le transmettre aux petits frères, aux petites sœurs. On appelle cela la tradition orale.

On ne peut oublier comme cela les Whispers, Shalamar, Khemistry, Yvette Cason ... non, on ne les oubliera pas comme cela. On ne les a pas oubliés.

Puis arrive, à la fin des années 80, une nouvelle composante dans le paysage musical noir américain. La New Jack.

Pour ma part, je l'ai découverte dans un magasin Tower Records proche de Colombus Circle (on revient au Funk) à New York avec le premier album de Guy. Encore trois noirs me direz-vous. Oui et alors; à New-York, c'est plutôt moi l'étranger. Non ? Tout est relatif sauf en France.

Cette New-Jack est un croisement habile de Rap et de Funk/R&B.

A l'initiative de ce nouveau courant musical on trouve un jeune homme de talent du nom de Teddy Riley. En France, les noirs adhèrent immédiatement, les beurs un peu moins, les autres, bah il n'y a pas de statistiques officielles fournies par l'INSEE. Et quand bien même, elles seraient discutables.

Mais Make That Move, Let The Music Play ne s'oublient pas décidément pas comme cela ... et les radios jouent bien plus de Funk que de New Jack, malgré l'actualité débordante de cette nouvelle musique.

Le Rap lui, continue de faire des adeptes, cette mixité des genres musicaux renforce la mixité des cultures, la mixité des courants de pensée.

Le Rap se radicalise, devient plus agressif, plus revendicatif, vindicatif, plus pro-black aussi. Les revendications ne sont pas uniquement française et nationales.

Les anciens ne s'y reconnaissent pas trop. Leurs Dieux sont toujours Barry White, Joe Tex, Leon Sylvers ... pas Flavor Flav ni Roxanne même Shante .

RLP, lui, a quitté Radio 7 pour rejoindre Skyrock et jouer les sons électroniques de Chicago mais la résistance s'organise. Sans lui. RIP RLP.

 

La suite, est ICI ...

Alors, qu'en pensez-vous ? Vous avez peut-être des anecdotes à nous narrer, des histoires de l'époque.

Et que pensez vous des ces raccourcis littéraires qui mettent les beurs, les noirs, les banlieusards, dans le même panier de linge sale ??

Tous des voleurs, tous des feignants, tous des incapables, tous des sans avenir ... et tous des p'tits gars qui pendant leurs nombreux loisirs, quand ils ne dépouillent pas une petite vieille, écoutent du funk, du rap et du r&b. Interdit pour eux d'écouter de la musique classique, du rock, ou rien du tout.

Et inversement, le rap, le hip hop, le funk, le r&b ne peuvent-être écoutés que par des noirs, des arabes ... si possible habitant en banlieue.

Bref, donnez nous votre conception de la mixité sociale et raciale. Sans tabou, ni retenue mais avec courtoisie et politessse.

Évitez les "ta mère elle s*ce des ours et ton père c'est John Mc Cain", on ne les laissera pas passer. N'alimentez pas la lie dont se servent nos amis anciens marins qui viennent de vendre leur paquebot.

 
Merci de participer, ceux qui le feront (en disant autre chose que "coucou", ou "oui") recevrons le lien pour télécharger notre émission LE MAINSTREET SHOW SPECIALE 30 ANS DE MUSIQUES URBAINES, D'UNE DUREE DE TROIS HEURES
 
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