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13 mars 2014

Mastermind de Rick Ross, la Chronique de Skeuds

Un très bon morceau, on notera une fois de plus la capacité qu’a Rick Ross a fait part belle à ses invités.

Mastermind de Rick Ross, la Chronique de Skeuds sur skeuds.comPour Walkin’ On Air avec Meek Mill en featuring et produit par D. Rich une nouvelle fois, on retourne dans du Dirty South, des cymbales résonnantes à l’appui.

Un morceau que l’on pourrait qualifier de "filler", c’est à dire un morceau que l’on aurait facilement pu enlever de l’album, du moins pour nous ici à Skeuds, c’est le Maybach Music que l’on aime un peu moins.

Mastermind se termine sur le morceau Thug Cry en featuring avec Lil Wayne.


Que l’on aime Rick Ross ou pas, cela commence à faire un moment que le gros rappeur de Miami, dans tous les sens du terme, est dans le milieu.

Au point que, sans que l’on ne s’en rende compte, Mastermind sorti la semaine dernière est déjà le sixième album du boss de Maybach Music.

La recette du succès pour Rozay ?

Des instrumentales allant du classieux bien travaillées au Dirty South et des paroles entre belle vie et passé (supposé ?) de l’ex-dealer.

C’est avec attention que Skeuds a donc décidé de poser une oreille sur Mastermind, histoire de voir si les 184 726 albums vendus durant sa première semaine qui lui valent aujourd'hui le haut du classement du Billboard sont justifiés.

On appuie sur play et on laisse l’auto-proclamé Boss faire ce qu’il faire de mieux, rapper.

Une fois le désormais célèbre Maybach Music prononcé, l’album commence par une introduction reprenant un discours de l’écrivain Napoleon Hill, expert en développement personnel, auteur de nombreux livres sur comment devenir riche et à qui l’on doit la définition de ce qu’est un Mastermind, comprenez le cerveau ou l’esprit supérieur:


it is the principal through which you may borrow and use the education, the experience, the influence and perhaps the capital of other people in carrying out your own plans in life.

En d’autres termes, il s’agit de savoir capitaliser les atouts des autres pour sa propre réussite. Rick Ross profiteur ?

Nous n'ira pas jusque là, mais l'on imagine que l’image a du plaire à l’ancien gardien de prison …

Le premier véritable morceau de Mastermind est intitulé Rich is Gangsta:

D’emblée, on est dans du pur Rick Ross, ne serait-ce que dans le titre.

Ce morceau, produit par Black Metaphor, a qui l’on doit notamment Ali Bomayé sur le dernier album de The Game, est dans la lignée d’autres aux ambiances feutrées qu’a pu sortir Rozay (Tears of Joy, Ashamed, etc…). Idéal pour appuyer sa position de dirigeant:
Like a G, I gave the Cartier to Wale
 Then I gave Meek Mill a Range Rover

Une montre Cartier à 44 000 dollars pour la signature de Wale, un Range Rover pour les 25 ans de Meek Mill, le Teflon Don sait comment s’occuper de ses artistes, tout comme il sait en faire des stars, les deux derniers albums de ses poulains ont tout de même vendus chacun autour de 160 000 en première semaine, de beaux succès.

Et puis comme on n’enterre pas la hache de guerre facilement du côté de Rick Ross, il a bien fallu en placer une petite  parole pour 50 Cent qui, rappelons le, a tenu à dévoiler récemment une prétendu relation entre Diddy et le rappeur de Miami …

For me to move forward from here on I need 50 
I ain't talking 50 Cent neither nigga, haha

Il a besoin de 50 millions, pas 50 de centimes.

Le morceau suivant est Drug Dealer’s Dreams:

Là aussi on est dans du pur Rick Ross, mais dans sous son autre facette, celle du Dirty South pur et dur.

Produit par Jake One (l'un des potes de 50 Cent), à qui l’on doit les récents Furthest Thing par Drake ou Acid Rain de Chance The Rapper parmi un catalogue très fourni.

Le morceau résonne de ces trompettes graves et de ces cymbales hautes-perchées.

Drug Dealer’s Dream débute avec une boîte vocale annonçant le montant d’un compte bancaire:

92 153 183, 28 dollars.

Si ce compte appartient vraiment à Rozay, on peut dire que le bonhomme a plutôt bien négocié sa carrière, même si d’après les estimations Rick Ross s’approcherait davantage des 40 millions.

En parlant d’argent, c’est basiquement le sujet complet du morceau, Rick Ross y parle également de tatouages et de cocaïne, Rick Ross fait du Rick Ross.

Pourtant, il trouve encore le temps de célébrer la mémoire de P-Nut, un de ses amis assassiné, et de faire un peu d’humour:

Barely fit in a Lambo but did it for the appearance

Le rappeur rentre difficilement dans une Lamborghini (on comprend pourquoi), mais en a tout de même acheté une, histoire de.

La piste numéro 4 est le temps d’une rapide interlude intitulée Shots Fired qui nous ramène en arrière, il y a un peu plus d’un an, quand la voiture de Rick Ross fut la cible de coups de feu, un événement que 50 Cent avait d’ailleurs soupçonné être mis en scène pour la petite histoire.

Le cinquième morceau est l’un de nos favoris, il s’agit du fameux Nobody, qui est presque purement et simplement une reprise du You’re Nobody (Til Somebody Kills You) de Notorious B.I.G..

Tous les éléments y sont:

Une introduction par Diddy, presque Puff Daddy pour l’occasion, qui délivre un discours de motivation que l’on sait réel (selon Rick Ross), bien que l’on ne sache pas a qui il était adressé, French Montana s’occupe du refrain sans faire tâche et Rozay délivre avec aisance, une petite réussite quand on s’attaque au monument Biggie.

Diddy nous rappelle qu’avant de vendre de la vodka, il était à la tête d’un grand Bad Boy Records (n’en déplaise à Machine Gun Kelly et Red Café) et qu’il savait y faire pour pousser ses artistes:

Fuck you wanna talk about? 
Fuckin' jewelries and Bentley's and Hublot's 
And fuckin' art that niggas ain't got on their fuckin' walls 
And fuckin' mansions niggas ain't got 
Niggas can't even pay the IRS, let alone their fuckin' staff, nigga
 You gotta tell the truth, man

Si ça ce n’est pas un discours passionné, on ne sait plus de quoi on parle sur Skeuds

Mastermind se poursuit avec le premier single de l’album, Devil is a Lie en featuring ni plus ni moins que Jay-Z, qui a l’habitude de collaborer avec le patron de Maybach Music sur ses projets solo (Free Mason, Three Kings).

Une production Soulful assurée par Major Seven et co-produite par K.E on the Track:

Celle-ci reprend un sample de Gene Williams et de son Don’t Let Your Love Fade Away.

Pour ce qui est du contenu, si Rick Ross profite du morceau pour parler … d’argent et de faire une nouvelle fois preuve d’humour:

Wingstop, fat boy need a 10 piece

Le gros bonhomme qu’est Rozay à besoin de 10 pièces de poulet frits venant de Wingstop, chaîne de restauration rapide dont il est franchisé.

C’est également l’occasion pour Jay-Z de démentir une nouvelle fois les rumeurs le voulant intégré dans des société secrètes sataniques: si cela a du être amusant un moment, Hova en a probablement assez de ces histoires fictives:

Devil want these niggas hate they own kind 
Gotta be illuminati if a nigga shine

Cela ne doit pas être possible de réussir de la sorte sans aide, son succès, il le doit probablement aux Illuminatis

La piste numéro 7 laisse place au morceau Mafia Music III, avec Mavado en featuring, chanteur jamaïquain de We The Best Music et Sizzla, lui aussi Jamaicain.

Un morceau aux sonorités Reggae produit par B!nk.

Fait intéressant, ce morceau était à l’origine prévu pour le Detox de Dr Dre avec un couplet du docteur, un de Rozay et le refrain chanté par Rihanna. Rick Ross se l’est approprié pour décrire sa crainte de se faire tirer dessus et faire partager une ambiance mafieuse particulière.:

Five shots to the stomach, 2Pac gift pack

5 balles dans l’estomac, à la 2Pac.

Mavado en rajoute une couche:

Violent gangster and bullets fly, one guy
Guns go off, or so we say Murder, action, anywhere

A-t-on vraiment besoin de traduire ?

On continue dans le dirty le plus total avec War Ready avec Young Jeezy en featuring, le second single de Mastermind est sorti le 7 février dernier.

Produit par le producteur en vogue depuis un moment maintenant, Mike Will Made It, si vous cherchez de belles mélodies passez votre chemin !

Par contre, si vous voulez du “sale”, vous serez servis.

Le morceau marque la fin de la guerre ouverte entre Jeezy et Rozay, qui rappelons le en étaient venus aux mains il n’y a pas si longtemps. 

A noter, les coups de feu résonnent tout au long de War Ready et Tracy T, nouveau membre MMG, s’occupe d’un refrain pour le moins … haché.

L’album se poursuit avec What a Shame en featuring avec French Montana.

Le morceau était d’ailleurs pour la signature Bad Boy à l’origine comme l’a expliqué Reefa, l'auteur de l’instrumentale, au magazine XXL.

Rick Ross y multiplie les références au Wu Tang Clan:

Shame on a nigga who tried to run game on a nigga

On reconnaîtra le morceau Shame on a Nigga:

Face, gut, buck 50, got two pistols

Ici, c’est le morceau Buck 50 de Ghostface qui est à l’honneur.

What a Shame est plutôt court, mais c’est suffisant pour placer un joli:

Def Jam see me as a threat now

Def Jam le voit comme une menace car avec son influence grandissante, Rozay pourrait bien faire une Jay-Z et fonder son propre empire musical.

Le dixième morceau s’intitule Supreme et voit Rick Ross repartir dans une ambiance plus classieuse.

C’est le légendaire Scott Storch qui s’occupe de la production, le non moins légendaire Keith Sweat, bien que non crédité, s’occupe du refrain tandis que Katt Wiliams joue la comédie au début et à la fin du morceau.

Un casting de haut standing pour Supreme que l’on dirait sorti tout droit de la B.O de Miami Vice.

Une ode à la belle vie et à la richesse, à cela près que cette fois, la forme colle parfaitement au fond.

Katt Williams se permet de rappeler que Rick Ross possède une maison à Atlanta avec pas moins de 109 chambres ( ! ):

Somewhere in Georgia it's 109 rooms 
I saw 30 bitches and 30 rooms and I was on the wrong side of the house

Pas de chance !

BLK & WHT, le morceau suivant, se distingue du reste de l’album et du registre de Rozay en général, le patron MMG pousse presque la chansonnette sur cette production de D. Rich !

Pour autant le sujet reste le même que celui que l’on peut retrouver dans une grande partie du catalogue de Rick Ross, la vente de drogue:

Young nigga black but he selling white

Cela résume bien l’intégralité du morceau, juste le temps d’en placer une pour les professeurs n’ayant jamais cru en lui:

Instagramming shit for all the teachers I despised 
Never saw my vision, you only saw me suspended

Il publie des photos Instagram pour montrer à ses anciens enseignants qu’il a réussi, malgré le fait qu’ils n’aient jamais cru en lui.

Une petite pause avec Dope Bitch Skit: rien de particulier à déclarer, si ce n’est qu’un groupe de jeune filles en fait beaucoup et "se la raconte", pardonnez l’expression un brin triviale.

L’occasion de faire un peu de pub pour Belaire Rosé, la marque de pétillant dont Rozay (cela tombe plutôt bien) est l’ambassadeur:

I bathe in Belaire Rosé. I have people wash me in Belaire Rosé.

La jeune femme prend des bains et se fait nettoyer dans du Belaire, que rêver de mieux ?

Le treizième morceau de Mastermind est In Vein, avec The Weeknd en featuring et à l’image de Remember You de Wiz Khalifa où le chanteur de Toronto était aussi présent, il s’approprie totalement le morceau.

Responsable de l’instrumentale également, on est dans le pur XO musicalement.

The Weeknd prend le temps de revenir, entre deux allusions aux groupies et aux drogues (I don’t got a single sober vein in my body) sur le chemin parcouru:

Can't nobody stop me, used to be homeless 
Now that penthouse at the Ritz where my home is


Car, si peu le savent, Abel Tesfaye, avant d’être The Weeknd, a été sdf.

Rick Ross délivre par la suite avec un couplet solide : un beau morceau.

On poursuit avec Sanctified avec Kanye West et Big Sean en featuring, certainement le morceau qui a fait le plus parler de lui lorsque la tracklist a été révélée plus tôt cette année.

Produit par Kanye West, Mike Dean et DJ Mustard, Sanctified possède également une invitée surprise, la légende du Funk, Betty Wright qui se charge de l’introduction et du refrain.

On dit une invitée puisque selon Mike Dean, il ne s’agit pas d’un sample, mais d’un passage crée par la chanteuse.

Rappelons qu'elle a sorti il y a quelques années (en 2011), un album collaboratif avec The Roots sur lequel l'on retrouve Lil Wayne et Snoop.

Pour son premier couplet post-Yeezus, Kanye West est plutôt efficace:

God sent me a message, said I'm too aggressive
 Really!? Me!? Too aggressive!?

Kanye West trop agressif ? Vraiment ?

Big Sean s’occupe lui seulement du refrain, son couplet n’ayant pas été conservé pour la version finale, cependant celui-ci l’ai sorti il y a quelques jours.

Thug Cry, produit par J.U.S.T.I.C.E League, collaborateurs de Rozay de longue date, est un morceau plutôt introspectif, Rick Ross y parle de ses enfants entre autres: 

So far from my goals but I'm close to my kids

Mais le plus intéressant dans ce morceau, c’est très certainement le couplet de Lil Wayne.

On croirait retrouver le Weezy de 2009, celui qui dominait le monde du Rap de part ses apparitions en tant que guest sur des dizaines et dizaines de morceaux.

Un flow précis et parfaitement adapté à l’instrumentale, de quoi préparer le buzz pour The Carter V en toute sérénité.

Rick Ross termine par quelques remerciements et s’est ainsi que se termine Mastermind.

Au final, Mastermind s’avère être un bon album dans sa globalité, et rien que de par son image, les quelques 174 000 copies vendues se justifient de par la constance avec laquelle Rick Ross délivre ses projets.

Ce sixième album solo, s’il est très certainement moins bon que Teflon Don, reste de bonne qualité et on apprécie toujours autant Rozay quand celui-ci décide de sortir du registre Dirty South pour lequel il est pourtant reconnu, on notera également la bonne sélection des invités et des instrumentales.

A Skeuds, on mettrait un 7 sur 10, puisque s’il s’agit d’un bon album, il n’y a pas vraiment de morceau phare comme a pu en faire Rozay par le passé.

Et vous, qu’avez vous pensé de Mastermind ? N’hésitez pas à réagir dans les commentaires !!! (Pierre C.)


Skeuds est désormais disponible pour smartphones ICI

http://bit.ly/NaCopC

Commentaires

Bonne critique j'aurai mis la même note good job

Écrit par : BlackMamba | 13 mars 2014

Une nouvelle fois une très bonne chronique réalisée au sujet de l'album de ce bon vieux Rick Ross. Bien décrite comme à son habitude. En ce qui concerne l'album j'aurais mis la même note même si je reste légèrement déçu, seulement quelques morceaux ressortent vraiment pour ma part. Bon travail!

Écrit par : Boris | 14 mars 2014

Les commentaires sont fermés.

 
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