Avertir le modérateur

01 mars 2014

Oxymoron par ScHoolboy Q, la double grosse chronique de Skeuds

Après une année 2013 particulièrement discrète, le label TDE revient en force pour 2014.

ScHoolboy Q feat. A$AP Rocky - Californication - sur skeuds.comAprès l’excellent premier projet d’Isaiah Rashad, Cilvia Demo qui fut le premier diffusé, c’est désormais au tour de ScHoolboy Q de lancer son album très attendu, Oxymoron.

Après Setbacks, sorti début 2011 et Habits & Contradictions au début 2012, le membre de Black Hippy a décidé de prendre son temps pour ce troisième projet.

Après deux ans d’attente, ses fans sont enfin comblés.


Quand on sait le succès croissant que connaît le label indépendant qui (l'air de rien) produit Kendrick Lamar, Jay Rock ou encore Ab-Soul, on attend chaque nouveau projet avec une impatience non dissimulée.

Inutile donc de vous expliquer que l’on s’est jeté sur l’album de ScHoolboy Q dès son arrivée dans les bacs.

Skeuds a donc décidé de s’attarder un long moment sur Oxymoron, pour voir si le projet du collègue de K.Dot était de la même veine.

On commence immédiatement avec le morceau Gangsta.

Ce morceau rappelle bien la différence qu’entretient notre rappeur, avec un Rap beaucoup plus mordant et agressif que certains de ses amis de TDE comme Ab-Soul ou Kendrick Lamar.

Et il ne s’en cache pas, il le revendique d’ailleurs clairement. Il suffit de mentionner la première phrase de l’album, prononcée par sa fille en personne, Joy.

Cela ne sera d’ailleurs pas sa seule apparition dans l’album:

F--k rap, my daddy's a gangsta

ScHoolboy Q ne s’en cache donc pas, même sa fille sait qu’il n’est pas qu’un simple rappeur !

Ce morceau introspectif a d’ailleurs des passages encore plus explicites:

My momma said don't be that, that little nigga that sold crack

On apprend ici que sa mère a tout fait pour l’empêcher de vendre du crack, ce qu’il a fini par faire.

Le deuxième morceau de l’album, Los Awesome, est avec Jay Rock en featuring.

Un morceau assez similaire au premier, dans un style très gangsta, produit par l'omnipotent Pharrell Williams.

Il y est question des gangs dont ScHoolboy Q a fait la connaissance assez jeune:

Plead the fifth, no L's, no whips, backyard full of Crips

Barbecues and county blues, this Hoover gangster be the shit

On apprend donc que le rappeur TDE a été un membre des Hoover Crips, l’un des gangs les plus importants de L.A..

Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs en référence au mot Hoover que ScHoolboy Q écrit son pseudo de rappeur avec un H majuscule, comme il l’a expliqué sur son compte Twitter.

Après Jay Rock, c’est au tour du fer de lance du label, Kendrick Lamar, d’accompagner son pote sur le troisième morceau, Collard Greens, qui est aussi le deuxième single de l’album.

Bien moins introspectif, ScHoolboy Q a préféré faire ici un morceau beaucoup plus fun, bien qu’il traite tout de même de son passé de dealer en abordant le thème de la drogue:

Faded, Vegas, might sponsor the killer

Shake it, break it, hot-hot for the winter

Il commence donc avec une petite allusion à la weed mais la dernière partie est surtout un oxymore, ce que le rappeur s’amusera à faire tout au long de cet album …

Encore une preuve de sa recherche de la perfection.

Le quatrième morceau, What They Want, accueille 2 Chainz le temps d’un couplet.

Encore une fois, on remarque qu’il y a du lourd à la production puisque cette fois, c’est Mike Will Made It qui s’y est collé.

Là encore, on a le droit à quelques passages sur sa vie passée dans le gang des Crips:

Niggas banged on me, but they should've shot me

See, I hit the corner then $pottie got him

On comprend ici que ScHoolboy Q a failli passer à la casserole et qu’il s’est vengé en conséquence après.

Mais 2 Chainz n’est pas en reste sur ce morceau:

She want Versace belt like it's a mistletoe

Ici, l’image est subtile puisque le rappeur compare une ceinture Versace à une branche de gui, où la femme en question serait prête à embrasser celui qui en possède une, comme lorsqu’il faut s’embrasser sous le gui.

Le morceau numéro 5, Hoover Street, fait allusion au quartier de son enfance. Dans ce morceau, ScHoolboy Q raconte comment il est passé de l’enfant naïf au jeune gangster.

Au début, il n’était qu’un enfant fan de jeux vidéo que sa grand-mère lui achetait:

She always got me things that we couldn't afford

The new Js and Tommy Hill in my drawers

Sega Genesis, Nintendo 64, see Golden Eye was away at war

Puis, il décrit comment son oncle a basculé dans l’addiction aux drogues dures, bien qu’il ne l’ait pas compris quand il était plus jeune:

I also notice moms be locking doors when he around

But anyways, he wife done left him and now he living with us

My bike is missing, Grandma like to hide her check every month

Et termine en racontant comment il a fini par basculer dans la violence:

Gangbanging was a ritual and Grandma would help

She should've never left her gun on the shelf

Oui, oui, sa grand-mère avait simplement oublié de ranger son pistolet et voilà qu’il s’en empare. Un chemin tout tracé vers les Crips, le gang de son quartier.

L’album se poursuit avec le morceau intitulé Studio où l’on retrouve le chanteur BJ The Chicago Kid en featuring.

La production est assurée par Swiff D et contraste quelque peu avec le reste des sonorités plutôt sombres de l’album:

Il s’agit clairement d’un morceau adressé à la gente féminine, mais toujours dans dans le style bien particulier de Groovy Q.

En parlant de groovy, c’est exactement l’atmosphère de Studio, le morceau suivant, parfait pour quelques métaphores bien senties:

Put my tongue in different places, play a game of Operation 
Na-na-na, la-la, la-la, you get what I'm saying

Il met sa langue un peu partout, ça devient compliqué de s’exprimer, on vous laisse apprécier !

Studio fait office d’ovni dans l’ambiance d’Oxymoron, mais cela nous permet de voir le rappeur de TDE sous un nouvel angle, et l’on ne va pas s’en plaindre.

Vient ensuite le double morceau Prescription-Oxymoron, certainement les 7 minutes 10 secondes les plus sombres et les plus sincères de l’album.

C’est un fait admis, Q a et a eu de nombreux rapports avec les drogues, que ce soit leur vente ou leur consommation, ce sont d’ailleurs ces deux sujets qui sont abordés dans les deux différentes parties du morceau.

D’un côté nous avons PrescriptionSchoolboy Q revient sur son usage abusif des drogues de synthèse et le constat n’est pas beau:

Il est dans un état comateux et confus, incapable de quoi que ce soit, il ne répond plus au téléphone, ni à sa mère ni à sa fille, de plus son addiction le ronge et finira probablement par le tuer.

Suffisant pour inquiéter sa fille d’un ou deux ans à l’époque:

What's wrong? You tired? You mad? Okay, I love you, daddy

Triste et touchant.

A noter que la partie Prescription du morceau est produite par Sounwave à qui l’on doit (entre autre) Bitch Don’t Kill My Vibe de Kendrick Lamar, le sample du Undenied de Portishead est parfaitement utilisé et colle à merveille avec l’ambiance comateuse du morceau.

La partie Oxymoron, quant à elle, parle de la période dealer de ScHoolboy Q, de ses allers-retour vers Seattle, de la cocaïne aux pilules d’oxycodone, tout ça pour permettre à sa fille d’avoir une meilleure vie, un oxymore de plus pour Quincy.

En huitième position vient The Purge, en featuring avec Kurupt et Tyler, the Creator, qui assure également la production du morceau.

Ici, pas de fioritures, du vrai Gangsta Rap, le refrain en résume tout à fait l’ambiance:

Coming in for yours
 Niggas got them choppers and they knocking at your door
.

The sirens getting louder when the bodies hit the floor
Why you look confused ?

Mothafucka, this is war

Suffisant pour témoigner de l’ambiance angoissante que dégage The Purge, ponctuée par des rimes sentant la poudre de la part des trois représentant de la côte ouest des États-Unis.

Blind Threats, le morceau qui suit, a une saveur bien plus New-Yorkaise, que ce soit grâce à la présence de Raekwon ou de l’instrumentale en elle même.

Les sonorités sont simples et un sample mélodieux teintée de Jazz issu du Las Vegas Tango de Gary Burton nous feraient presque voyager jusque dans les années 90, on peut remercier LordQuest pour cela.

Schoolboy Q nous fait part de ses incertitudes envers Dieu et comme il le dit lui même:

But if God won't help me, this gun will
I, swear I'm gon' find my way

Si Dieu ne l’aide pas, son arme le fera sans aucun doute …

Raekwon a juste le temps de poser un rapide couplet sur une instrumentale qui le sied à ravir:

Revenge killers who make the events iller

Ça sent les gangs de New York et le Wu-Tang a plein nez !

Les trois morceaux concluant l’album, ou du moins sa version normale, sont un peu plus  uptempo (rapides) que les précédents, ce sont ceux que l’on a entendu et que l’on entendra sur les stations radios américaines (n’en déplaise aux optimistes, mis à part Collard Greens, et encore, on est pas prêt d’entendre Quincy sur nos ondes).

Si il y a un morceau pour faire la fête sur Oxymoron, c’est bien Hell of a Night, produit par DJ Dahi a qui l’on doit notamment le Worst Behaviour de Drake et le Money Trees de Kendrick Lamar.

On l’a entendu pour la première fois durant les derniers playoffs NBA en mai dernier.

S’il s’agissait d’une version non terminée, cela était suffisant pour faire monter la pression, c’est le morceau parfait pour les clubs, les basses sont pesantes et le rythme est tout ce qu’il y a de plus entraînant.

Schoolboy Q quant à lui n’a plus qu’à nous sortir un classique "sortez les bouteilles, on a qu’une vie etc … "

Champagne pop, I'm about that life, molly gon' pop, I'm about that life
 Backwood toke, I'm about that life, living good, might not remember this night
 World might end, so I'm living my life

Une belle soirée en perspective !

Sur l’ensemble de l’album, on peut noter que malgré le grand nombre de producteurs, les sonorités se fondent dans une atmosphère particulière à Schoolboy Q, ainsi si le morceau précédent était produit par DJ Dahi, c’est The Alchemist qui s’occuper de l’instrumentale de Break The Bank.

Si les deux producteurs sont à priori à des années lumières l’un de l’autre, l’enchainement des deux pistes est cohérent.

Break The Bank fut l’un des premiers morceaux enregistrés pour Oxymoron à l’automne 2012 quelque part aux alentours de la sortie du good Kid m.A.A.d city de son coéquipier Kendrick Lamar.

Kendrick qui en prend d’ailleurs quelque peu pour son grade sur ce banger (tube) samplant le piano à la fin du Something Is Happening de Man:

Tell Kendrick move from the throne, I came for it

De toute évidence, c’est le tour de Schoolboy Q et il n’hésite pas à le faire savoir. Autre motivation, il travaille jour et nuit pour sa fille:

Go hard for my Joy, so she don't need no boy

Pour faire en sorte qu’elle ne dépende de personne plus tard.

L’album se conclut sur le second single de Oxymoron - Man of the Year - produit  par Nez & Rio.

Sorti le 23 novembre 2013, le clip pour le moins coloré est quant à lui apparu sur le Net le 17 janvier dernier.

Le morceau aux parfums de victoire sample (largement) le Cherry de Chromatics auquel on a ajouté des percussions bien de notre époque.

Pour Schoolboy Q il n’y a pas photo, il est l’homme de l’année et c’est le moment de la célébration, le moment de faire place à Oxymoron:

Bruh, I see, girls everywhere
 Titty, ass, hands in the air, it's a party over here 
Shake it for the man of the year 
Uh, man of the year, man of the... bounce

On n'aurait pas dit mieux.

Oxymoron (ou oxymore, les deux se disent en français) est donc un album plein de contradictions, Schoolboy Q nous parle certes de sujets abordés des milliers de fois dans le Rap, mais il le fait d’une manière bien particulière qui ne donne pas l’impression de déjà-vu que l’on pourrait supposer avoir.

Les instrumentales sont soignées et se fondent parfaitement dans l’ambiance générale de l’album.

Oxymoron par ScHoolboy Q, la double grosse chronique de Skeuds sur skeuds.com

Attention, ce n’est pas un album flashy pour un euro/dollar, c’est une nouvelle sorte de Gangsta Rap bien particulier, quand on sait que Q est un fan de 50 Cent de la première heure, rien d’étonnant.

Parmi les bonus que l'on peut trouver sur la version Deluxe de l'album, on vous conseille de poser une oreille sur Fuck LA, Gravy (produit par Clams Casino) et Californication avec le grand ami de Schollboy Q, A$AP Rocky.

Un nouvel album de qualité de la part de TDE, le label qui donne les pleins pouvoirs à ses artistes pour leur musique. si on ajoute à cela le poids d’Interscope, on se doute que Schoolboy Q va faire de bons chiffres dans les bacs et en effet, Oxymoron devrait débuter sa carrière numéro un dans le Billboard avec pas moins de 150 000 albums vendus en première semaine.

Un score mérité tant l’album est bien produit avec un personnage, Schoolboy Q, très intéressant.

A Skeuds, si l'on devait noter (mais l'on s'en gardera bien), l'on mettrait facilement 8 sur 10.

Et vous, qu’avez vous pensé de cet album ?

N’hésitez pas à réagir dans les commentaires.

So, enjoy Schoolboy Q et son Oxymoron sur Skeuds ! (Pierre C. & Dorian G.)

 

http://bit.ly/OMQHTf

Commentaires

Au départ ces deux courants cohabitent avec séparation mais sont semblables dans le but poursuivi :faire la fête au maximum en dansant (raves, soirées, etc).

Il y a du côté electro (dîte techno, à l'époque) des gens comme Carl Cox, Jeff Mills et aussi en France et dans le monde des gens comme Laurent Garnier (avec son très comestible Crispy Bacon) ou plus tard Daft Punk, Bob Sinclar ou David Guetta qui contribuent à la "french Touch" allant vers le "grand public" ou "mainstream".

Il y a de l'autre côté le Hip hop avec ses basses bien grasses qui poussent à la danse et au j'me prends pas la tête.

Puis (surtout en France) la "politique" s'est passée par si et par la. On a politisé le rap et la techno, on en a fait des musiques plus acoustiques que dansantes on les a jumelées et on les affiche avec des images où le noir doit se mêler au blanc et inversement les deux justement éclairés pour pouvoir être soi jaune ou basané, dans un mélange qui est au fil de la Lycra ce que devrait être la musique pour être acceptable d'un point de vu sociopolitique.

Ce mélange politique est promu et manipulé à outrance pour la musique mais beaucoup moins pour la politique ou dans les médias.

Il y a des fusions réussies en terme d'audience comme dans "Random Access Memory" basées sur des voix et sonorités "vieilles", pour des sons nouveaux ou très récemment produits on vise plus une niche expérimentale qu'un grand public pratiquant.

Donc Oxymoron ou ScHoolboy représentent un mélange de rap et d'électro qui s'"entre-brident" mutuellement et cela donne quelque chose de fade que l'on aime l'Electro ou le Rap.

Écrit par : utopia | 01 mars 2014

Tu dois en fumer de la bonne @utopia parce que ton commentaire est totalement hors propos.

ceci-dit bon article

Écrit par : soNY | 02 mars 2014

un des meilleurs album de l'année voir un classique
et une très bonne chronique

Écrit par : dope | 02 mars 2014

@ soNY, je n'ai pas fumé ce qu'il fallait depuis longtemps c'est pourquoi je n'ai pas pu aimer la plupart des titres de cet artiste. Mais il en faut pour tous les goûts, le contraire serait pire.

Écrit par : utopia | 02 mars 2014

Bonne critique dommage qu'il y en ai pas plus, j'aurais bien savoir ce que vous aviez pensé des albums de Eminem PushaT et autre

Écrit par : BlackMamba | 03 mars 2014

Merci. Pour nos autres chroniques, il te suffit de cliquer sur les noms de pierre c. et dorian g. à la fin de l'article, en tags.

Écrit par : Mark Skeuds | 03 mars 2014

Très bonne chronique pour un excellent album personnellement directement des mes classik rien a dire a part "his and her friend", par contre j'avoue qu'au niveau promos je trouve qu'ils ont mal joué le coup tu peu pas faire découvrire "break the bank" avant la sortie officiel de l'album pour moi "man of the year" et "collard green" auront largement suffit sachant qu'il y avait déjà "yay yay" qui tournait depuis un moment. Enfin ce n'es que mon avis.

Écrit par : threesix971 | 04 mars 2014

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu