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15 décembre 2013

B.o.B - Underground Luxury - La Chronique de Skeuds

Toujours un peu en marge de la scène Rap et de ses collègues rappeurs, B.o.B n’en reste pas moins l’un des représentants d’une génération mixant les genres musicaux et ce, avec brio.

B.o.B nous dit ce qu'il désire - All I Want- sur skeuds.comAlors que littéralement toute la scène US a décidé de nous bénir (ou pas) avec de nouveaux projets en 2013, Bobby Ray s’est fait attendre avant d’enfin réaliser Underground Luxury, troisième album solo qui était censé voir le jour l’été dernier. Après une longue attente, la recrue Grand Hustle nous dévoile finalement Underground Luxury ce mardi 17 décembre, juste à temps pour les fêtes de fin d’année.

A Skeuds, on connaît bien le bonhomme puisque nous avons été amené à le rencontrer à plusieurs reprises et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à chaque fois, B.o.B a le don d’éveiller notre curiosité musicale tant il évolue entre plusieurs genres musicaux.


C’est donc avec intérêt que nous avons décidé de poser une oreille sur Underground Luxury et de vous en parler.

On presse Play et c’est parti pour la chronique du Underground Luxury de B.o.B sur Skeuds !

L’album démarre avec le morceau All I Want, morceau dévoilé par Bobby Ray au début du mois dernier.

All I Want est produit par le duo de producteurs Rock City (aussi connu en tant que Planet VI) qui nous délivre une instrumentale travaillée, ponctuée par des scratchs qui donne une belle dimension au morceau.

Côté lyrics, c’est bien simple, B.o.B explique sans retenue (et c’est tout à son honneur) qu’il veut littéralement TOUT, les voitures, les chaînes, les montres, les femmes …

Plutôt que d’être hypocrite en disant que ce n’est pas important, B.o.B déclare haut et fort qu’il veut cet argent qui est à sa portée, il l’explique même plutôt simplement:

I used to say I never cared about the money until I put food on my momma’s table

Il avait pour habitude de dire qu’il n’avait rien à faire de l’argent, jusqu’à ce qu’il mette de le nourriture sur la table de sa maman. On ne va pas se mentir, on est plutôt tous d’accord sur ce point !!!

On continue avec One Day, qui s’inscrit directement dans la continuité de All I Want. Sur une instrumentale au piano particulièrement soignée, B.o.B se souvient de comment il savait qu’un jour, il pourrait justement s’offrir tout ce qu’il souhaite.

Une rétrospective sympathique, pleine de motivation et de rêves que Bobby Ray a finalement pu concrétiser, à force de travail. Comme il le dit lui même:

I’m screaming at me in the mirror like « You gotta make it !

Réussir n’était donc pas une option, mais un devoir !

Surtout que B.o.B revient également sur les sacrifices qu’a du faire sa maman pour que le jeune Bobby Ray puisse s’en sortir, une belle leçon s’il en est !

Si l’album commence doucement avec les deux balades précédentes où B.o.B démontre d’ailleurs toute sa versatilité en poussant la chansonnette, Paper Route, le morceau suivant, est d’un autre acabit.

Sur une instrumentale plus rythmée et sentant la poudre, B.o.B montre qu’il est avant tout un rappeur, mieux, un rappeur qui en a à revendre.

Un flow aiguisé pour l’occasion et des paroles tranchantes sont là pour démontrer qu’il faut compter sur Bobby Ray lorsqu’il s’agit de balancer des rimes. En renégat, il envoie à tout va:

You don't know who you fucking with. 
Ain't no democrat, and by far I'm no republican
. This the type of talk that'll probably piss off my publicist

Pas démocrate plus que républicain, il le clame haut et fort, et ça pourrait déplaire à sa attachée de presse.

En opposition avec le système dans lequel il évolue, il ajoute même:

They'll aim at everyone going against this shit
You don't believe me? Look what happened to the Dixie Chicks

En effet, souvenez vous en 2003, le groupe Pop Dixie Chicks déclarait être honteux de venir du même état que Georges Bush Jr, ce qui avait amené à un boycott de leur album.

En clair, B.o.B prend des risques, et il fait bien.

Vient ensuite le single Ready en featuring avec l’incontournable Future. Produit par Detail, on est dans du pur son Dirty South, comme pour rappeler que B.o.B, lui aussi, est un pur produit d’Atlanta.
Parfait morceau pour s’adresser à ceux qui le déclare rappeur "Pop":

All I heard is that boy a pop, all I heard is that boy not
Top 5 on any list (okay), but I moved up about five slots

Top 5 dans toutes les catégories, il vient tout juste de gagner cinq places, on vous laisse deviner à quel niveau ça laisse Bobby Ray.

Un morceau formaté pour être single, tout autant que pour montrer que B.o.B est ready, la compétition n’a qu’a bien se tenir ! La vidéo de ce morceau, sortie en octobre, montre en effet un B.o.B énervé et prêt à en découdre.

Morceau numéro 5, Throwback est avec Chris Brown en featuring, non pas le Chris Brown auto-tuné, mais le Chris Brown rappeur !

Une production signée B.o.B himself, et le moins que l’on puisse dire c’est que celle-ci est originale ! Un sample qui ressemble terriblement à un chant breton (?!) ponctuée de solides basses, assez pour:

Go crazy to this

Comme nous le demande bien gentiment Bobby Ray.

Un morceau qui change définitivement de ce qu’on peut entendre en ce moment, plutôt sympathique, même si le sujet abordé y est récurrent dans le Rap d’aujourd’hui:

She said her booty from the motherland
 She started wobblin' and poppin' like a rubber band

Vous aurez compris l’idée !

On poursuit avec Back Me Up, un morceau lent, un  Slow Jam comme on dit. Une instrumentale minimaliste à souhait, qui laisse part belle à B.o.B et à quelques phrases bien senties:

I ain’t even got no genre
But it’s going to be a contest yea
Well how the hell they gon call us the rap game
When most of yall niggas can’t rap

Bobby Ray n’a pas de genre musical, mais il s’agit toujours d’une compétition et il se demande comment on peut se référer à eux (lui y compris) en tant que Rap Game, si la plupart de ceux qui se prétendent rappeurs ne savent pas rapper …

Plein de sens quoi qu’il en soit. Le synthétiseur rend le tout presque hypnotique, ce qui en fait l’un des morceaux que l’on a préféré sur Underground Luxury.

En septième position viens Coastline, un morceau où l’on retrouve un B.o.B un peu perdu et désorienté, qui se pose tout un tas de questions sur une instrumentale préparée par ses soins:

How foolish am I ?

Il en est à se demander s’il ne serait pas devenu fou.

De plus, B.o.B est un habitué des théories du complot et autres (voir ses morceaux Dr. Aden et The Watchers) et ne peux s’empêcher d’y faire référence:

Sacrificial executions disguised as 
Shootings and crimes, the news televises

Sacrifices camouflés en crimes et fusillades à la télévision ? A vous de juger !

Le morceau suivant, Wide Open (avec Ester Dean en featuring) est bien plus léger dans le thème. B.o.B s’adresse à une femme et ce, de façon plutôt crue:

And you about to lose the dang girl 
I’mma give you that good D

Ça se passe de traduction !

On appréciera d’une autre part un nouveau sample bien choisi avec Arthur McArthur producteur canadien à la production, on lui doit notamment Uptown de Drake ou le Ballin de Logic.

Pas le meilleur morceau ou le plus intéressant de cet album, mais ça se laisse écouter sans difficultés.

On poursuit avec FlyMuthaFucka, et là, pour le coup, il s’agit de notre favori de Underground Luxury, la présence toute particulière de guitare dans l’instrumentale rend une atmosphère plutôt intéressante. B.o.B, que l’on sait bon guitariste se charge justement de la production. Une hymne au fait d’être fly et des jalousies que cela peut entraîner:

Who’d do it how I do it hah? Nobody does

Bobby Ray est unique, et il le fait remarquer avec brio.

En dixième position on a le single Headband, une véritable Strip Club Anthem produite par DJ Mustard (Rack City de Tyga, Feelin’ Myself de will.i.am entre autres) et comme souvent dans ce cas, on retrouve 2 Chainz en invité.

Un morceau dans la mouvance de ce qu’on a pu entendre tout au long de l’année dernière, à base de Twerk et de Marijuana. Et même si on a entendu et ré-entendu des morceaux comme celui-ci, il est toujours amusant de s’arrêter sur les paroles de 2 Chainz:

I am so cold, nigga like Ben & Jerry

Aussi frais qu’une glace Ben & Jerry !

Le morceau suivant s’intitule John Doe et est avec Priscilla Renea en featuring, chanteuse dont on ne connaît pas vraiment la voix dans le milieu, mais qui a écrit énormément pour les autres:

California King Bed de Rihanna, Don’t Wake Me Up de Chris Brown pour en citer quelques uns.

John Doe signifie Monsieur Tout le Monde, un inconnu (en fait quelqu'un qui n'a pas de nom) en quelque sorte. B.o.B revient dans ce morceau sur ses addictions personnelles et sur celles de notre société, notamment l’alcool:

You race to the bottom of every single bottle As if there was someone or something to find

Aujourd’hui certains boivent extrêmement rapidement, comme s’il y avait quelque chose ou quelqu’un à trouver au fond de la bouteille…

B.o.B a lui aussi eu ce problème, qui vient avec le mode de vie des rappeurs d’aujourd’hui.

Une sincérité plutôt courageuse quand l’on sait que de nos jours, les rappeurs ont plutôt tendance à être fier et à revendiquer leurs excès.

En douzième position vient le morceau Cranberry Moonwalk avec Mike Fresh en featuring, rappeur/chanteur peu connu lui aussi originaire d’Atlanta.

L’instrumentale est intéressante tant la guitare du refrain contraste avec le beat plus agressif que l’on retrouve dans les couplets de Bobby Ray. Un morceau sympathique une nouvelle fois, mais dont l’intérêt est tout de même un peu limité.

Le morceau suivant est intitulé Nobody Told Me et on y voit B.o.B nuancer le propos tenu dans All I Want, puisque l’argent apporte beaucoup de choses, mais pas l’essentiel:

They say money don’t make you rich
Cus you can’t buy shit that can make you better

Étant donné que l’on ne peut rien acheter qui puisse nous rendre meilleur.

On retrouve cette contradiction que Bobby Ray dépeint dans certains des morceaux précédents: Avec la célébrité vient les excès, avec l’argent vient d’autres problèmes.

L’ironie du sort ?

Un morceau qui sonne typiquement comme du B.o.B et on ne va pas s’en plaindre.

Vient ensuite Forever avec Playboy Tre en featuring, qui avait déjà collaboré avec B.o.B sur Just a Sign issu de Strange Clouds, deuxième album de Bobby Ray ainsi que sur Bet I.

On revient dans une ambiance plus Dirty South, histoire de balancer quelques rimes bien senties:

Motherfuck your opinion, show you where you can stick it

B.o.B est prêt à gentiment montrer où tous peuvent se mettre leur opinion, rien que ça !

Une ode à la belle vie:

Nothing is forever easy 
So til I die I’ll be forever livin

YOLO comme disent certains.

Underground Luxury se conclut sur le remix de We Still In This Bitch, produit par Mike WiLL Made It, producteur du moment outre-Atlantique, on pouvait déjà retrouver ce morceau sur la mixtape Fuck ‘em We Ball que B.o.B a sorti en novembre 2012.

A l’image de la signature sonore de Mike Will, c’est un morceau qui transpire le South, ce single, déjà certifié or, est terriblement efficace.

On retrouve également T.I., "patron" de B.o.B ainsi que Juicy J, habitué de ce genre de morceaux.

Une façon bien sympathique de clôturer un album, même si l’on peut regretter que ce morceau soit finalement connu depuis près d’un an.

Pour conclure, on peut dire que Underground Luxury est un bon album, notamment du point de vue de la production qui montre une certaine cohésion, certainement grâce au fait que B.o.B a supervisé des instrus de ce projet.

On regrettera le fait que, finalement, B.o.B ne prend pas de risques particuliers et reste un peu dans ce qu’on avait pu entendre dans B.o.B presents : The adventures of Bobby Ray ou dans Strange Clouds, ce qui le desservira probablement au niveau des ventes, tout comme le fait que l’on ne retrouve pas de grands noms sur cet album.

Un album qui conviendra parfaitement à ceux qui sont déjà conquis par l’univers particulier de B.o.B, mais qui ne sera pas nécessairement une révélation pour les autres.

A Skeuds, rien que pour la musicalité du projet, on a bien aimé cet album qui, sans être génial, s'écoute très facilement et avec plaisir.

Et vous, qu’avez vous pensé du troisième album du rappeur d’Atlanta ?

N’hésitez pas à partager avec nous vos ressentis sur cet album. Bons ou mauvais ... (Pierre C.)

 

http://bit.ly/JvIiRw

Commentaires

moi j'aurais bien un son avec Jhene Aiko comme celui qu'il a fait avec Bruno Mars, mais à part l'album est génial et un peu court .

Écrit par : dope | 15 décembre 2013

J'adore ce qu'il fait, donc ces albums je les écoutes toujours avec facilité. Encore un bon album, même si il est en dessous des deux autres.

Écrit par : Vinc' | 16 décembre 2013

En ce qui concerne la chronique elle est très bonne et tout les morceaux de l'album sont bien décrit comme à son habitude. Cependant je suis légèrement déçu de cet album, je m'attendais à autre chose de la part de B.O.B, j'aurais aimé qu'il apporte un plus par rapport aux autres albums.
Merci pour cette bonne chronique et bonne continuation à vous!

Écrit par : Boris | 17 décembre 2013

Les commentaires sont fermés.

 
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