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09 juillet 2013

Magna Carta Holy Grail de Jay-Z, l'Enorme Chronique de Skeuds

Cette année 2013 est, et c’est le moins que l’on puisse dire, chargée en sorties musicales et si certains nous sortent un album tous les six mois d’autres ont su se faire désirer.

Magna Carta Holy Grail de Jay-Z, l'Enorme Chronique de Skeuds sur skeuds.comAinsi, après Kanye West et son mystérieux Yeezus il y a deux semaines, c’est au tour de son acolyte de Watch The Throne de sortir du lot : Jay-Z, que l’on avait pas entendu en solo depuis 2009 et le Blueprint 3 revient avec Magna Carta Holy Grail, un album poussé par ce fameux deal avec Samsung, le leak des lyrics de l’album et la série de vidéos en noir et blanc que tout le monde à vu ces dernières semaines.

Si cette album est, à l’image de celui de Yeezy, promu d’une façon étrange ou novatrice (Hova parle de New Rules), on a quand même un buzz certain sur MCHG et il faut avouer que le peu que l’on a pu entendre dans les publicités Samsung nous a donné envie.


Maintenant que celui qui représente pour beaucoup le rôle du parrain du Hip-Hop et d’un businessman renommé nous délivre enfin son album, il est temps de poser une oreille sur ce projet tant attendu, on presse play et c’est parti pour la chronique de Magna Carta Holy Grail par Skeuds.

Magna Carta Holy Grail commence avec une collaboration en vogue en 2013, le tandem Jay-Z/Justin Timberlake sur Holy Grail, il s’agit du morceau que l’on entend en premier dans chacune des vidéos proposées par Samsung et celui qui servira de single.

Le moins que l’on puisse dire c’est que, dès les premières notes de piano qu’offre l’instrumentale, on sent une certaine puissance, une profondeur particulière que l’on retrouve très peu de nos jours.

Timberlake vient poser sa voix avec une agressivité plus prononcée que ce dont il à l’habitude, juste à temps pour permettre à Timbaland, J-Roc et The Dream de lancer les basses et d’introduire Hova. Celui ci nous parle de la célébrité qu’il connaît très bien et de la bipolarité qu’elle entraîne :

I'm the nigga, caught up in all these lights and cameras
But look what that shit did to Hammer

Il a été attiré par les belles lumières et les caméras qu’offre la célébrité mais dans  le même temps il se rend compte que tout cela peut partir rapidement, d’où la référence à MC Hammer.

On retrouve également un sample du morceau mythique Smells Like Teen Spirit de Nirvana qui résume tout à fait l’ambiance de Holy Grail. Une façon particulièrement efficace de débuter un album et très certainement un Top Charts single en devenir.

Le deuxième morceau de cet album, Picasso Baby produit par Timbaland et J. Roc est, d’après le premier, le morceau qui fut enregistré en première position pour cet album.

On y retrouve un sample du morceau Sirens de Adrian Younge et sa ligne de basse particulièrement efficace, c’est autant brutal que sophistiqué et comme l’indique le titre, les références à l’art se multiplient dans Picasso Baby.

Si Jay-Z parle de lui en tant que New Jean Michel (Jean Michel Basquiat), il va plus loin encore :

Sleeping every night next to Mona Lisa
The modern day version
With better features

Toutes les nuits ils dort à côté de la Mona Lisa moderne, vous aurez compris de qui il s’agit et on ne saurait le nier, Hova en a de la chance !

L’instrumentale se mue après un court passage en français se référant au nombre d’or (que l’on retrouve dans les proportions de nombreuses œuvres d’art). Un dernier couplet de la part de Jay-Z permet d’en arriver à la conclusion tant attendue

I'm the modern day Pablo
Picasso baby

On poursuit avec Tom Ford, une nouvelle fois produit par le tandem Timbaland/J. Roc qui nous offre une instrumentale aux sonorités électroniques pour ce morceau relativement court où la ligne la plus intéressante est celle-ci:

I don’t pop Molly I rock Tom Ford

N’en déplaise à Trinidad James, Jay-Z est bien trop classe pour s’abaisser à prendre de l’ecstasy. Jigga n’hésite également pas à s’attaquer aux réseaux sociaux ... qu'il utilise pourtant pour sa promo !!!!

Guns on y'all Tumblrs
Fuck hashtags and retweets, nigga
140 characters in these streets, nigga

Beyonce vient enfin adoucir le fin du morceau en chuchotant les paroles de son mari.

Vient ensuite FuckWithMeYouKnowIGotIt (ouf !!!) avec un featuring surprise en la personne de Rick Ross, en effet même si ces deux là on déjà collaboré à plusieurs reprises (Free Masons, Three Kings ...), on est (presque) étonnés de voir Rozay sur MCHG alors que d’autres tels que Kanye West n’y sont pas présents.

Le morceau commence par une intro que l’on doit au regretté rappeur Pimp C qui nous explique que si les afro-américains aiment tant l’or et les diamants, c’est parce que leurs origines africaines les prédisposes à cela (c'est un peu tiré par les cheveux ?)

Rick Ross pose un couplet dont il a l’habitude sur l’instrumentale signée Boi-1-Da et Vinylz (à qui l'on doit 5am in Toronto de Drake) accompagnés par Timbaland, une nouvelle fois !

Il est intéressant d’entendre Jay-Z sur ce genre de sonorités dont il n’a pas forcément l’habitude, et le fait est que sur un morceau où il s’agit plus ou moins de se la raconter Hova sait y faire:

Hov just landed in Rome, nigga
All hail, Caesar's home, niggas

Quand il arrive à Rome, c’est comme si César était rentré ... rien que ça !!!!

Le cinquième morceau est intitulé Oceans et est en featuring avec ... Frank Ocean et traite de façon imagée de la dualité entre là où Jay-Z se trouve, sur son yacht en train de verser du champagne dans l’eau puisqu’il a réussi alors que c’est cette même eau qui a emmené les esclaves d’Afrique à l’Amérique.

Pharell et Timbo sont à la production et, tandis que Frank Ocean chante la poésie d’une telle contradiction:

I hope my black skin don't dirt this white tuxedo

Tandis que Jay-Z, lui, lance des phrases toutes aussi fortes:

I'm anti-Santa Maria
Only Christopher we acknowledge is Wallace

Il est anti-Santa Maria (le bateau qui à amené Christophe Colomb), le seul Christopher qu’il connaît c’est Christopher Wallace aka The Notorious B.I.G. La production accentue le côté dramatique du morceau et en fait un des plus intéressants de l’album.

En sixième position vient F.U.T.W, pour Fuck Up This World, une instru aux sonorités Jazz pour le refrain et une atmosphère inquiétante durant les couplets signée Timbaland et J. Roc une nouvelle fois laisse Jay-Z s’exprimer sur son succès.

Il revient sur son implication avec les Brooklyn Nets, sur les différents leaders afro-américains ou encore sur son sentiment de se sentir étranger de là où il vient, à savoir Marcy Projects, Brooklyn. Jay-Z de déclarer:

Let’s Fuck Up this World

Sur un sample de trompette apporte une véritable mélancolie au morceau, il veut bousculer les règles, et c’est tout à son honneur.

On continue avec l'un de nos morceaux favoris de Magna Carta Holy Grail, Somewhereinamerica.

Pour plusieurs raisons, c’est un morceau particulier:

Premièrement la production pleine de piano et de cuivres est une création de Hit-Boy, que l’on connaît davantage pour Niggas in Paris ou Clique, une véritable surprise donc. 

Secondement, ce morceau contient un grand nombre de punchlines dont celle qui est rapidement devenue célèbre sur les réseaux sociaux:

Feds still lurking
They see I'm still putting work in
Cause somewhere in America
Miley Cyrus is still twerkin'

Miley Cyrus qui en effet s’est extrêmement rapprochée de la culture Hip-Hop cette année, au point de danser le Twerk qui est plutôt réservé aux femmes de couleur, une ligne qui peut prendre un grand nombre de significations, on optera pour le fait que Jay-Z, en tant qu’ambassadeur de la culture noire-américaine qu’il a tellement poussé, a réussi à influencer tout le monde, y compris Miley Cyrus qui, rappelons le, est une jeune femme blanche passée par la case Disney.

De plus Hova possède toujours un ton particulier pour parler de réussite:

1 million, 2 million, 3 million, 20 million
Oh, I'm so good at math
Might crash ya Internet
And I ain't even into that

Vous aurez compris, il est plutôt bon pour compter et son influence est telle qu’il pourrait faire bugger internet, alors que ce n’est même pas son truc (il utilise peu Twitter, etc…).

Le morceau suivant, Crown est co-produit par Mike Dean et Wondagurl, cette dernière est une jeune productrice de 16 ans native de Toronto, le moins que l’on puisse dire c’est que c’est impressionnant.

On retrouve la nouvelle coqueluche de G.O.O.D Music/Grand Hustle, Travi$ Scott en featuring.

Un sample bien connu dans le Hip-Hop est utilisé ici, il s’agit de Solid as a Rock de Sizzla que l’on peut retrouver samplé sur d’autres morceaux de rap tel le My Crown de 50 Cent, pur hasard ou coïncidence ?

Aux vues des sonorités, ce morceau aurait pu se retrouver sur Yeezus du coéquipier de Hova sur Watch the Trone, le tout avec Travi$ en plus cela aurait pu être très probable, même en s’en basant sur les paroles:

You in the presence of a king
Scratch that, you in the presence of a God

La référence au fait d’être un Dieu est bien connue par Kanye West, de plus cette ligne ressemble dans le sens à celle présente dans Watch The Throne sur No Church in The Wild (What’s a king to a God ?).

On continue avec Heaven, où l’on retrouve Justin Timberlake sur le refrain  (bien que non crédité en tant que featuring) sur ce morceau où Jay-Z se met quelque peu à philosopher:

Question religion, question it all
Question existence until them questions are solved

Si le morceau contient un sample de Dream On d’Aerosmith, on y retrouve également un sample de Reverie d’Adrian Younge (encore lui !!!) ainsi que des éléments du célèbre Losing My Religion de R.E.M., le tout parfaitement mis en forme par Timbaland, The Dream et J. Roc qui nous offrent une atmosphère sixties toute particulière.

Ce morceau est ponctué par diverses références religieuses relativement poussées, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’un beau morceau relativement complexe dont on vous invite à faire attention au paroles.

Après une rapide interlude intitulée VersusJay-Z s’attache à mettre les choses au point avec la compétition vient Part II (On The Run).

Sur ce morceau où Mr. Carter est accompagné de Mrs. Carter est la seconde partie de leur première collaboration, 03 Bonnie and Clyde.

Les deux tourtereaux reviennent sur leur belle histoire d’amour de presque dix ans dans ce beau morceau et l’on ne va pas s’en plaindre tant il est bien produit (Timbaland et J. Roc, encore !) et tant la douce voix de Beyonce ajoute de la plus-value à ce Part II (On the Run). A Jay- Z de déclarer:

If it's me and you against the world, then so be it

On en serait presque jaloux !!!

L’interlude qui suit, Beach is Better produite par ni plus ni moins que Mike Will Made It qui s’est décidément installé dans le Rap ces deux dernières années. Sur ce morceau de 56 secondes seulement, Jay-Z joue sur le jeu de mot Bitch/Beach,alors quand celui-ci nous dit que:

My Beach is Better

On veut bien le croire ... et comme désormais il fait beau un peu partout !!!

Vient ensuite BBC et là, pour le coup, on est servis en invités : Nas, Justin Timberlake, Beyonce, Swizz Beatz, Pharrell Williams & Timbaland, rien que ça.

Un morceau produit par Pharell qui sent bon l’été avec un casting de All Stars, que demandez plus ?

Bien entendu le B.B.C. signifie Billionaire Boys Club de Mr. Williams, à eux tous ils le sont d’ailleurs certainement, billionaires (milliardaires).

Ca part un peu dans tous les sens sur une instrumentale relativement uptempo mais ça fonctionne, deux courts couplets de Nas et Hova et le morceau se termine sans que l’on ai vu le temps passer.

On continue avec le morceau Jay-Z Blue, produit une nouvelle fois par Timbaland et J. Roc.

Jay-Z raconte ce que cela fait d’être père depuis peu, et surtout père dans sa situation. On retrouve une instrumentale relativement inquiétante, ponctuée par des extraits du film.

Mommie Dearest qui accentuent cet atmosphère. Hova est quelque peu confus entre le fait qu’il n’ait pas eu de père pour lui montrer l’exemple et le fait qu’il ait plus à offrir à Blue Ivy (sa fille) qu’il n’ait jamais eu.

Sur ce morceau le patron de Roc Nation partage quelques mots avec Notorious B.I.G. et c’est du plus bel effet. Les paroles sont brutales et honnêtes:

Father never taught me how to be a father

Il y a donc de quoi méditer sur la paternité pour Hova, mais il semble que pour l’instant il s’en sort pas mal !

Vient en avant dernière position un morceau qui devrait faire parler de lui, La Famillia, Jay-Z y parle de loyauté mais pas seulement. Là où cela devient intéressant c’est lorsqu'il lance cette rime pour ouvrir son couplet:

Niggas wanna kidnap wifey
Good luck with that bruh
You must gonna hide your whole family

Souvenez vous, sur l’album de Lil Wayne, Tha Carter IV avec le morceau It’s Good (avec Jadakiss & Drake) celui ci menaçait à demi-mots de kidnapper la femme de Jay-Z.

Ce dernier n’avait jamais répondu et on aurait pu penser que cette histoire de diss entre les deux rappeurs était terminée, mais apparemment il n’en est rien et Jay-Z conseille à Lil Wayne de cacher toute sa famille de façon subliminale, on doute que Weezy apprécie et il est peu probable qu’on attende longtemps avant d’obtenir une réponse du leader de Young Money. Affaire à suivre !

L’album se termine sur le morceau Nickels and Dimes, produit par Mike Dean, ce morceau sample le titre du même nom par Gonjasufi.

Les sonorités sont très aériennes et laissent Jay-Z revenir une dernière fois sur le chemin parcouru et nous parle des gens qui l’ont aidé, ceux qu’il a laissé et ceux qu’il a lui-même aidé.

Le tout en n’oubliant pas de référencer de nombreux artistes tels que Johnny Cash, Stanley Kubrick et bien d’autres encore. Et dans ce mélange entre ce qui a été donné et reçu dans la vie de Mr. Shawn Carter, ce dernier offre une belle leçon:

The purest form of giving is anonymous to anonymous

Le meilleur don c’est d’anonyme à anonyme (donc sans que cela ne se sache), puisque l’on a rien à attendre en retour et que l’on donne sans motivation à part celle d'offrir et de donner.

Quoi de mieux pour finir un album tel que Magna Carta Holy Grail ?
 
Après plusieurs écoutes, il est clair que Magna Carta Holy Grail est un album particulier, pour ceux qui écoutent du Hip-Hop comme pour Jay-Z, sorti un peu de nulle part, ce projet contient son lot d’excellents morceaux avec une dualité intéressante entre ce qui se fait aujourd’hui et ce que Hova apporte personnellement.

L’album apporte plusieurs thèmes et les références ainsi que les divers jeux de mots en font un ensemble intelligent qui s’écoute sans laisser de côté un seul titre.

Pour Skeuds c’est clair, Jay-Z a fait le meilleur album qui lui était possible de réaliser et on est ravis de voir Timbaland autant impliqué dans MCHG.

C’est un album d’un certain standing et l’on ne va pas s’en plaindre, l'avenir nous apprendra s’il s’agit d’un des meilleurs projets de Hova ou pas, mais il est certain qu’avec un tel album Mr. Carter appuie sa position de parrain du Rap, El Padrino comme il le dit lui même.

En attendant, nous chez Skeuds, on est conquis et cela vaut bien un 9 sur 10, en toute subjectivité.

Et vous, qu’avez vous pensé de Magna Carta Holy Grail ? N’hésitez pas à partager vos avis avec nous !!! (El Padrino de Skeuds, Pierre C.)


A lire également:

Skeuds est désormais consultable sur smartphone ICI.

http://bit.ly/1846MZ3

Commentaires

Tout d'abord je tiens quand meme à souligner la qualité de vos chroniques. J'ai écouté ce nouvel album mais je ne suis pas aussi élogieux que vous disons que c'est un bon album de JAY Z qui ne passera sans doute pas inaperçut parce que sa notoriété et son talent veulent que sans plus ... mais cependant j'ignore si vous choisissez les albums pour lesquels vous faites des chroniques parce que le nouveau set de Wale en valait aussi la peine d'etre décortiqué un minimum

Écrit par : dj mbounga | 09 juillet 2013

Merci, oui nous choisissons les albums à chroniquer et celle de Wale était prête. Mais un problème technique nous en a empêché la semaine dernière.

Et nous sommes d'accord avec toi, The Gifted en vaut très largement la peine. :)

Écrit par : Marc Skeuds | 09 juillet 2013

enfin un album de jay-z et pour moi j'ai été surpris de voir beyonce et surtout nas. c'est un tres bon album à quand un remix ou un freestyle de kendrick lamar ou j. cole et vous parlez pas de wale

Écrit par : dope | 09 juillet 2013

@dope +1 pour Wale, merci de voir commentaire précédent. :)

Écrit par : Marc Skeuds | 09 juillet 2013

je vais peut être passer pour un qui veux pas évoluer mais ... the blueprint 3 était juste passable mais celui la est en dessous du blueprint 3 . OK il ne faut pas vivre dans le passé et ce mettre au gout du jour mais la pour mois c'est un petit fail quand on s'auto-surnomme EL PADRINO on fait de la base du concret du solide ! j'ay z est tres bon tres tres bon il n'a pour moi plus rien a prouver alors autant faire ce qu'il sait faire de mieux du HIPHOP !

tous ca reste un avis tres personnel tous comme le fait que je me contre-fou complètement de tous ses partenariats a la con avec tel marques ou tel quel de joueur de basket quand je veux parler de jay-z je veux parler de HIPHOP ... mais il y a encore de l'espoire quand j'entend D.P. 3

PS : pour moi le born sinner de J. Cole vaut largement cette opus de hova quand a yeesuz autant ne pas en parler LOL !

Écrit par : michael eo | 10 juillet 2013

Les commentaires sont fermés.

 
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