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16 avril 2013

Indicud de Kid Cudi, un bon dernier G.O.O.D. Music album - Chronique -

Mine de rien, malgré le projet WZRD et sa petite apparition sur Cruel Summer, il faut remonter à fin 2010 pour trouver le dernier album solo rap de Kid Cudi, à savoir Man on the moon II, de quoi rager pour les fans du MC de Cleveland qui fait amende honorable en nous offrant en ce 16 avril sont tant attendu Indicud.

Les snippets de Indicud de KiD CuDi, le non G.O.O.D. Music rappeur sur skeuds.comSi on a tendance de dire que le troisième album d’un artiste est celui de la maturité, le moins que l’on puisse dire c’est que Kid Cudi a maîtrisé son Indicud de bout en bout, il suffit de jeter un œil aux crédits de production pour s’en rendre compte:

Sur les 18 morceaux, toutes les instrumentales sont signées Mescudi.

Si l’on couple cela au fait que Scott M. ne fait plus partie du label de son mentor Kanye WestG.O.O.D Music, il est clair que la direction de cet album, c’est Cudder et lui seul qui l’a choisit, au point qu’on se rapproche davantage d’un album indépendant qu’un projet aux ambitions grand public.


C’est donc plein d’interrogations et avec intérêt que Skeuds a posé ses deux oreilles sur Indicud et voilà ce que l’on en a pensé.

L’album commence avec une courte introduction intitulée The Resurrection of Scott Mescudi sans aucun Rap ni paroles.

On a tout de suite le son atmosphérique propre à Kid Cudi, c’est angoissant, les synthétiseurs sont saturés, on ne peut pas s’y tromper !

Une façon efficace d’entrer dans le vif du sujet.

La seconde piste et donc le premier morceau s’appelle Unfuckwittable, on y retrouve en introduction un sample du film The Good Son avant que Kid Cudi lâche des couplets concis pour mieux laisser parler un refrain qui veut dire beaucoup:

Don't you feel it?
You know that I'm unfuckwittable

Personne ne peut atteindre Scott, il en a terminé avec le côté négatif des choses et en ressort invincible. Le tout sur un beau travail de cordes qu’il affectionne particulièrement et que l’on retrouvera tout au long de l’album.
 
On poursuit avec Just What I am, le premier single de cet album sorti le 8 décembre dernier.

On y retrouve Chip Tha Ripper aka King Chip qui ouvre efficacement ce morceau dédié à la fumette.

Si Kid Cudi a (avait ?) arrêté de fumer, ce morceau ne s’intitule pas Just What I am pour rien, la weed fait partie intégrante du processus musical de Mr. Solo Dolo et le refrain ne peut que le confirmer:

I need smoke
I need to smoke

I wanna get high y’all

Quand on sait que Kid Cudi a eu des problèmes avec la cocaïne, on peut se dire qu’il faut mieux qu’il fume un peu plutôt que de se détruire, même si à Skeuds on n’encourage rien de tout ça.

Dans son couplet il prend le temps de nous expliquer ce qu’il a traversé ces dernières années, anti-dépresseurs et autres substituts ne l’ont pas aidé, c’est tout seul qu’il a su relever la tête.

Le morceau suivant, intitulé Young Lady est une reprise du morceau de Father John Misty Hollywood Forever Cemetery Sings.

Sur ce sample bien utilisé,on retrouve le Kid Cudi que l’on connaît tous, très doué sur les crossovers de ce genre.

Il nous parle d’une jeune femme qui lui a tapé dans l’œil pour sa classe et son attitude, sans même lui parler. Bien loin des clichés que peut nous offrir parfois le Rap que l’on aime tant, surtout à une époque où la plupart des rappeurs ne se contentent que de faire des morceaux sur les strip clubs. L'un de nos morceaux préférés.

On poursuit avec King Wizard, le second extrait de Indicud.

L'un des morceaux les plus Rap de l’album.

Sur une instrumentale simpliste conçue par ses soins Kid Cudi délivre des couplets solides tout en ego trip et s’autoproclame ainsi King Wizard. On se rappelle qu’à la base, ce morceau ne devait pas faire partie de l’album mais de toute évidence Scott en a décidé autrement !!!

Le morceau suivant est Immortal, le second single officiel de l’album; pour l’instrumentale, Kid Cudi a choisi d’utiliser un sample d’un de ces morceaux préférés, Congratulations de MGMT (avec qui il a travaillé par le passé) et de le jouer à l’envers !

Un choix intriguant mais qui fonctionne plutôt bien.

Une nouvelle fois, on a un extrait de film au début du morceau, Billy Madison où l’acteur crie haut et fort:

I am the smartest man alive !

Une fois de plus Kid Cudi parle sur ses déboires passées, mais cette fois il nous raconte comment, sans qu’il puisse l’expliquer, tout s’est éclairé pour lui:

And the day came when it hit me like lightning through my veins
A sudden change in my groove, in my walk

Au point de se sentir immortel.

On continue avec Solo Dolo part II, en featuring avec un des leaders de la nouvelle génération, Kendrick Lamar.

Comme son nom l’indique, le morceau est la deuxième partie de Mr. Solo Dolo que l’on peut retrouver sur le premier album de Kid Cudi, Man on the Moon: The End of Day.

Un morceau assez sombre, qui laisse les deux rappeurs s’exprimer parfaitement. Et si vous vous posiez encore la question, oui Kid Cudi est sous acides:

If you'd like to know, yes, I am on acid

Kendrick Lamar quant à lui délivre, comme à son habitude, un couplet efficace.

Sur le morceau suivant, Girls, Kid Cudi est accompagné de Too $hort pour cet ode aux jolis femmes, de toutes les tailles et de toutes les couleurs:

I see pretty girls everywhere I go
Every, everywhere I go, every, everywhere I go
So many colors and sizes, so many surprises

Il ne sait plus où donner de la tête et est intrigué par les femmes de toutes origines et comme il le dit si bien:

Nothing more intriguing than an accent

Too $hort nous offre ensuite un couplet dédié aux femmes métisses, même si en ce moment cela doit être le cadet de ses soucis étant donné ses récents problèmes avec la police.

Le morceau numéro 9, New York City Rage Fest, est une sorte d’interlude, pas de voix dessus, seulement une intrumentale qui va crescendo où l’on peut entendre des tambours de fanfare qui collent au titre parmi d’autres sonorités.

Le dixième morceau Red Eye nous surprend une nouvelle fois avec la participation du groupe Pop Haim qui occupe d’ailleurs la majeure partie du morceau (on ne retrouve Kid Cudi qu’en background sur le refrain et sur le bridge de fin).

Un morceau surprenant mais agréable.

Pour la petite histoire, Kid Cudi et Hit-Boy (Niggas in Paris, Clique …) avaient commencé a travailler sur ce morceau en janvier 2011.

On continue avec Mad Solar, un morceau comme Cudder sait si bien les faire, c’est un voyage dans son esprit, celui d’un artiste solitaire, toujours en marge de l’industrie et du reste du monde plus généralement. Il est tout seul et le revendique:

I guess I'm a loony, I guess I'm on one
Guess I'm just a star of my movie

L’instrumentale quant à elle est une nouvelle fois plutôt simpliste, cela permet à la voix de Kid Cudi, mi-chant mi-rap de s’affirmer totalement.

En douzième position, Beez qui compte un featuring prestigieux en la personne de RZA, part importante du Wu Tang Clan. Celui ci fait jouer son expérience:

I don’t write songs, grasshopper, I write scenery's

Il n’écrit pas de morceaux mais des scénarios, et même si ça répond un peu du cliché, la musique d’aujourd’hui ne lui parle pas:

Everything ain’t what it seems to be, what it means to you it don’t mean to me

Kid Cudi n’est présent que sur le refrain, c’est donc presque un morceau uniquement Wu-Tang et la référence aux Killa Beez (artistes gravitant autour du Wu introduit dans Triumph) y tient une place prédominante.

Le morceau suivant Brothers, est une encore une ode mais cette fois-ci à la fraternité sur laquelle on retrouve l’acolyte de Kid Cudi en la personne de King Chip et une autre valeur sûre de la nouvelle vague de MCs, A$AP Rocky.

Un peu à l’image du No New Friends de DJ Khaled sorti tout récemment, il faut savoir bien s’entourer et c’est ce qu’a su faire Kid Cudi en choisissant A$AP Rocky sur ce morceau qui délivre tout en nonchalance un couplet bien mené.

Le tout sur une instrumentale sympathique de la part de Kid Cudi. Pour faire court, l’amitié c’est important et comme le dit si bien le G.O.O.D. Music rappeur:

The brothers that I never had made my life a lot less sad my nigga

Burn Baby Burn est un gros middle finger à tous ceux qui ont pu douter de Kid Cudi, pas de refrain, pas de fioritures, du brutal. Au passage, il nous annonce d’ailleurs qu’il fume de nouveau:

Been smokin no jokin cudder’s had that itch
So I scratch, so please no more speculation bout that

Un mal pour un bien ?

En tout cas ce qui frappe avec ce morceau, comme dans tout l’album, c’est cette confiance en lui nouvelle qu’affiche Mr Solo Dolo et c’est certainement une bonne chose.

Comme on l’a déjà dit, Kid Cudi est connu pour ce côté solitaire et triste, dans le morceau Lord of the sad and lonely, il se revendique comme le représentant de ceux qui se sentent dans la même configuration. Comme il le dit d’ailleurs:

So many kids live their life through my rhymes

Beaucoup d’entre eux vivent leurs vies à travers ses rimes. Et puis, tant qu’à faire, une petite pour ses haters:

Haters, how do my cum taste? No fun, no jokes, no smile

Cela se passe de traduction sachez que ce n'est pas très poli !!!

Le seizième morceau, Cold Blooded met une nouvelle fois les choses au clair sous la forme cette ballade obscure:

Feeling way worthless, the lost black sheep of G.O.O.D. Music
Only good for a hook, huh? Let me show you flows

Kid Cudi se sentait sans intérêt et même si sa séparation de G.O.O.D Music s’est passée sans heurts, il témoigne quand même du fait qu’il se sentait comme le vilain petit canard du label, seulement bon pour un refrain par ci par là.

Il vient donc effacer le malentendu ... et régler un peu ses comptes avec Yeezy.

L’avant-dernier morceau s’intitule Afterwards et on y retrouve pour la troisième fois King Chip, ainsi que Michael Bolton, artiste Pop confirmé.

Ce morceau de neuf minutes est minimaliste au possible, l’instrumentale ne décollant jamais vraiment même si celle ci se mue de nombreuses fois au court du morceau.

C’est un titre pour faire la fête, mais à la façon de Kid Cudi. A vrai dire, même après plusieurs écoutes, on ne sait trop quoi en penser.

Cet album se termine avec The Flight of the Moon Man, un morceau uniquement instrumental qui nous met dans une situation de crépuscule angoissant, faisant parfaitement le lien avec l’introduction. Une fois de plus, c’est énigmatique et c’est sur cette note que se clôt Indicud.

A Skeuds, on sait qu’il faut prendre un album (avec sa pochette) de Kid Cudi avec des pincettes, tant les sonorités ne ressemblent qu’à lui.

On est, comme dans les albums précédents, dans un voyage dans l’esprit tourmenté de Scott Mescudi et si parfois cela coule tout seul, d’autres morceaux sont de vrais casse têtes.

L’ensemble se tient dans son ensemble, mais il n’est pas à mettre entre toutes les oreilles tant on est loin de ce qui se fait aujourd’hui.

Si l’on peut (ou doit) reprocher quelque chose à Indicud c’est le manque de mélodies légères qui ont fait les beaux jours du Kid Cudi version G.O.O.D Music, cela est peut être dû au fait de la mainmise de Mr. Solo Dolo sur la production, il aurait été agréable d’entendre Dot Da Genius sur quelques morceaux, sachant que l’alchimie entre les deux hommes est toujours efficace.

Au final, si vous n’aimez pas Kid Cudi, passez votre chemin.

Au contraire, si vous connaissez le parcours du MC de Cleveland, jetez vous y à corps perdu.

Nous, nous donnerions un 7,5 sur 10 à cet album si on se devait de noter, ce que l'on se gardera bien de faire d'ailleurs, mais au delà de cela c’est un album difficile à classer, que ce soit dans le paysage Rap actuel ou dans la musique en général.

Et vous, qu'avez vous pensez du dernier Kid Cudi ? (Pierre C.)


A lire également:

Skeuds est désormais consultable sur smartphone ICI.

http://bit.ly/ZoANj3

Commentaires

Article très bien construit qui reflète vraiment Kid Cudi aujourd'hui. De plus la description de chaque morceau est très bien réalisé à la façon Skeuds. Une G.O.O.D chronique. Continuer comme cela on aime et on en redemande.

Écrit par : Boris | 17 avril 2013

Très bonne chronique.

Pour ma part j'ai été un peu déçu. Je trouve les prods vraiment pas terribles, en particulier sur Unfuckwittable, je trouve cette chanson inaudible. Ce n'est pas un mauvais album, mais pour ma part je le mets en dessous des deux premiers.

Écrit par : Danny-McCoy | 17 avril 2013

Moi au début j'etais tres deçus de la performance mais apres recul l'album est pas mal dans son ensemble. Mias il manqie de morceau comme soundtrack 2 my life ou erase me qui a fait les beaux jours de kid cudi. Au final l'album est tellement différent la pochette ,les instrus que j'arrive pas a le comparer aux autres mais je pense au niveau de l'engouement que j'ai eu pour les anciens albums celui la est quand meme plus faible. J'attends "d'oreille ferme" Man On The Moon 3

Écrit par : hugo | 17 avril 2013

Je vous remercie !
Vous avez tous raison, c'est un album compliqué ! Il faudra voir comment il vieillit pour se faire une vrai idée.

Écrit par : Pierre Skeuds | 17 avril 2013

Et bah, ça marche finalement pas mal ce principe des chroniques, hum...

Écrit par : Ryan | 17 avril 2013

Oui, c'est plutôt sympa. Et c'est autant sympa de pouvoir lire la réaction des internautes. :)

Écrit par : Marc Skeuds | 17 avril 2013

Il est vrai qu'a la premiere écoute de Indicud j'me suis un peu posée des question, j'trouvais ca assez different des MOTM. Mais aprés réflexion j'ai plutôt bien kiffé. Puis aprés tout, un peu de changement ne fait de mal à personne :). C'est vrai que sur certaines musiques il n'est pas le "chanteur principal", mais j'pense qu'il a surtout voulu monter ses compositions instrumentales, étant donné qu'il a composé quasiment l'album complet.
Bref, bonne soirée, et au passage, c'était une bonne chronique, continue comme ca ! :)

Écrit par : Bouh | 17 avril 2013

Les commentaires sont fermés.

 
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