19 janvier 2009
Double Couche de Crise pour le Disque (Debat)
Skeuds tenait à pousser un petit coup de gueule après un papier publié par .... 20minutes. Enfin quand nous disons un coup de gueule, non, mais nous pointons du doigt certaines choses qui ne nous semblent pas tout à faitexactes.
Il s'agit d'un article paru dans l'édition du 16 janvier dernier, article intitulé Double Couche de Crise pour le Disque. Suivi d'un interview de Pascal Negre, l'un des hommes qui a tué la musique en France avec un discours hautement hautain et surtout démago. Le fossoyeur de la qualité ...
Mais commençons par l'article qui, en lui-même, n'est pas choquant si ce n'est que cela commence bien ma ... check this:
Six ans que la musique ne cesse de perdre de la valeur ... ah bon !!! Où ? En Sibérie ? Oui bien sur , le Midem est un salon qui va rimer avec crise. Mais, non la musique ne perd pas de sa valeur, vraiment pas.
La musique sert d'argument publicitaire à tous les opérateurs téléphoniques, à tous les FAI, elle sert à faire de l'audience et même si parfois, elle échoue dans cette tache ingrate, mais ce n'est surement pas de sa faute.
Les artistes qui dominent le monde musical n'ont jamais été aussi riches, Mr Levy du directoire de Vivendi et donc haut responsable de Universal Music, n'a pas du tout cet avis et le clame hait et fort sur BFM et autres médias financiers.
Et alors que la part du numérique atteint les 25 % aux USA, il devrait peiner à franchir les 12 % en France ... Mais à qui la faute ?
Culturellement, la France est un pays sous-developpé musicalement parlant. Et cet article oublie de parler de la TVA qui continue à plafonner à 19,6 malgré une Europe, très europééne lorsqu'il s'agit du calibre des oeufs ou de la norme CEE pour les moteurs rotatifs à rotation circulaire.
Et ne parlons pas du choix offert à celui qui voudrait voir de la musique (oui cela existe) à la télévision sans passer par le câble, la TNT ou le satellite ? A part la triste émission Taratata du non moins triste Nagui, rien ? Non rien si ce n'est la Star Ac' qui est d'un pathétique funèbre pour qui aime la musique.
Qu'offre donc la télévision aux fans de Reggae, de Ska, de Rock, de Hard Rock, de Musique Industrielle, de House, de Rap, de Techno, de R&B ... rien, mais alors vraiment rien. Pas de musique, circulez, il n'y a rien à entendre !!!
En France, il n'existe que deux chanteuses de R&B: Beyonce ou Rihanna. On explique aux jeunes filles qu'il n'en existe pas d'autres et qu'à part Akon et Chris Brown, point d'autres chanteurs donc point de salut !!! Une misère que l'on connait, puisque nous sommes dans ce circuit musical depuis près de 30 ans. Inutile donc, de venir nous chanter Ramona même avec "Nikkos mes glaouis" à nos côtés. Nous nous battons depuis vingt cinq ans pour proposer le plus large éventail de musique possible.
Il faudrait plutôt penser à baisser la taxe sur la musique comme il serait logique qu'elle fusse baissée, c'est à dire à 5,5% comme tout produit culturel. Même le caviar est taxé à 5,5% ... alors la merde musicale devrait bénéficier du même traitement, non ?
Oui, merde, car en France, on ne retient que le "pas bon", le mauvais, le médiocre. Il suffit de mater TF1 ou M6 pour le constater. On prend quelques boutonneux, quelques arabes, un ou deux noirs (mais pas trop, faut pas abuser), une ou deux pisseuses qui se prennent pour Beyonce et des apprentis chanteurs français avec les lunettes et une guitare et on fait la Star Ac'. C'est Gainsbourg qui doit se marrer, là où il est ...
Et l'on veut que cela se vende .... il faudrait plutôt offrir du choix, de la variété, de la diversité, plutôt que de dicter aux jeunes ou au moins jeunes ce qu'ils doivent absolument écouter.
C'est ce sur quoi nous bossons sur Skeuds depuis presque quatre ans. Durant cette période, nous avons programmé plus de 50 000 morceaux ... cela doit représenter 5 ou 10 années de programmation de NRJ. Et que l'on se s'étonne pas de la baisse d'audience des radios musicales qui sont à la solde des maisons de disques. Des suceuses de budget pub ... mais voilà, ceux qui veulent écouter du bon son ou tout simplement un autre son, se rebiffent.
Mais attention, il ne faut pas condamner les radios dites musicales et commerciales. Elles ont besoin d'argent pour boucler leur budget, ce n'est pas condamnable. Ce qui l'est plus, c'est de passer 25 ou 30 fois dans la journée le dernier Chris Brown afin de le faire rentrer dans le crane du "crétin d'auditeur" ....
Mais voilà !! Internet a changé la donne et la révolution n'en est qu'à ces débuts !!! Fini les dictats des stations à la solde de BMG, Universal ... l'auditeur a désormais le pouvoir. La musique est à portée de clic, sans que Pascal Nègre n'y soit pour quelque chose. Heureusement.
Et de souligner les initiatives de groupes comme Radiohead ou Nine Inch Nails de vendre directement via Internet.« Le manager de Radiohead sera d’ailleurs au Midem pour expliquer cette approche marketing. »
Quelle nouvelle !!! Prince, un petit artiste-chanteur de Mineapolis, le fait depuis près de dix ans. Mieux le NPG Club est une vraie mine de bonheur pour les fans du nain pourpre. Ce dont nous nous flattons d'être.
La musique a de beaux jours devant elle mais se vengera tant que l'on prendra les consommateurs pour ce qu'ils ne sont plus: des cons !!!
A Skeuds, nous avons un business model performant et que nous allons éprouver au sein d'Advancia, l'école de la Chambre de Commerce de Paris, l'école des Entrepreneurs, le HEC de la création d'entreprise. Et oui, il faudra compter avec nous, car nous avons réussi à l'intégrer.
Voici l'intégral de cet article qui nous a fait bondir (un petit peu) tant nous aimons la musique. Ensuite, nous vous proposons notre avis sur ce que nous pipeaute le Président de Universal Music en France, Pascal Negre.
Six ans que la musique ne cesse de perdre de la valeur. Et la crise économique n’arrange rien. C’est dans ce contexte encore plus morose qu’habituellement que s’ouvre ce week-end le Midem (Marché international du disque et de l’édition musicale) de Cannes. En 2008, le marché accuse une nouvelle baisse des ventes (- 15 % selon des estimations qui seront affinées lundi). Et alors que la part du numérique atteint les 25 % aux USA, il devrait peiner à franchir les 12 % en France. Surtout, aucun nouveau modèle (abonnement via Internet ou mobile, écoute en streaming…) ne s’impose. « Il n’y aura pas un modèle, mais des modèles, explique Dominique Leguern, directrice du Midem. Mais on ignore encore lequel va remporter le plus de suffrages. On pensait que le modèle financé par la publicité allait
s’imposer, mais la crise économique brouille un peu les cartes. »
La consommation de musique est au plus haut Certains producteurs s’interrogent sur la portée de la loi Création et Internet qui pourrait être mise en oeuvre après l’été. « Cela ne suffira pas à ramener une génération perdue qui considère que tout est gratuit, il faudra aller chercher l’argent chez les fournisseurs d’accès », estime l’un des acteurs majeurs de la musique en France. Pascal Nègre, en tête, pense le contraire (lire ci-contre). Pour Dominique Leguern, il y a des raisons d’espérer : « Il n’y a jamais eu autant de consommation de musique dans le monde. »
Et de souligner les initiatives de groupes comme Radiohead ou Nine Inch Nails de vendre directement via Internet.« Le manager de Radiohead sera d’ailleurs au Midem pour expliquer cette approche marketing. » Mais la vraie révolution, c’est la disparition quasi inéluctable des mesures techniques de protection qui empêchaient les copies. Demain, un titre acheté sur iTunes pourra enfin être lu sur tous les baladeurs. Et leur prix ne sera plus fixe, mais à l’image du marché physique où les nouveautés coûtent plus cher que le
fond de catalogue. Reste à savoir si cela sera suffisant pour doper le marché. Un nouveau venu y croit et il ne s’attaque pas à n’importe qui : pour la première fois, Blackberry sera à Cannes avec la ferme intention de venir y tailler des croupières au duo iPhone-iPod.
Nothing else 2 add but, enfin mais avec le manque d'exposition que la musique, le traitement imposé aux acheteurs, il est normal que certains paient pour les autres.
Mais au delà du côté "superficiel" de cet article, qui occulte les ventes de sonneries téléphoniques, les profits tirés des produits dérivés et négociés (contrats avec des marques, licences, ventes de catalogues ...), c'est le côté "tout va mal" qui nous déplait. Le royaume de la musique n'est pas aussi noir que cela.
Mais la France est un pays où il vaut mieux se plaindre .... pourtant nous doutons que Sarko ait également la solution à ce problème qui n'en n'est pas un.
Passons maintenant à l'interview de Pascal Negre:
Après une année 2007 record pour Universal, le bilan est-il aussi bon en 2008 ?
Universal va finir aux alentours de 36 % de part de marché, largement leader à dix points au-dessus de nos concurrents. Grand motif de satisfaction, nous avons continué à développer de nouveaux talents. Parmi nos meilleures ventes on trouve Duffy, Renan Luce, Thomas Dutronc, Mika… Cette capacité à développer des artistes dans des genres différents est essentielle. Il n’y a pas que la « Star Ac’ » chez Universal Music.
LES REMARQUES DE SKEUDS : Pas un seul artiste de musique noire dans ce inventaire à la Prevert, musique noire qui domine le monde ... Pourquoi ? Tout simplemlent parce que cela coûte moins cher de "fabriquer" un charlot qui chante en français avec une guitare achetée à Ca$h Converter que de payer une licence à la maison mêre américaine et de faire en sorte que cela génère un chiffre d'affaire satisfaisant. Car il faut savoir que même si Beyonce est chez Sony, Sony France doit payer pour sortir, promouvoir, vendre cette même Beyonce, en France. Cela rapporte mais cela représente un risque que les maisons de disques ne prennent que pour des artistes dont ils sont absolument surs et certains du succès.
Les disquaires pourraient réduire la place dédiée aux CD pour les remplacer par des bornes de téléchargement par exemple…
Ce serait une erreur de la part des distributeurs de baisser leur part de disques physiques. Pour preuve : la part de marché des enseignes spécialisées, comme la Fnac, chute moins que celle du marché. Contrairement à celle des hypermarchés, qui ont paupérisé leur offre. La stratégie différente de Carrefour et de Leclerc est éloquente. Leclerc a créé des espaces culturels et a vu sa part de marché augmenter.
A l’inverse, Carrefour, qui a réduit ses linéaires, est en flottement complet depuis plus de deux ans alors qu’historiquement, il était le 2e vendeur de disques en France.
LES REMARQUES DE SKEUDS : FAUX !!! La Fnac prévoit encore une fois encore de réduire ses espaces musicaux en 2009. Il s'agit de la suite logique d'un processus initié en 2008. En ce qui concerne Leclerc, les espaces culturels de Leclerc sont plutôt occupés par de la librairie, des DVD et des jeux vidéo. Les centres culturels de Leclerc ont emergés car JUSTEMENT la Fnac ne faisait pas son travail, en boutique ou sur le Net. Et ne cherchez pas de titres musicaux un peu marginaux, Mr Leclerc est comme tout le monde, il ne prête son parapluie que quand il fait beau.
Chez Universal aussi, le digital représente seulement 15 % du marché ?
Non, cela représente de 17 à 18 % de nos ventes. Malgré mon image ayatollesque, nous sommes la seule maison à avoir fait tous les deals possibles pour tester tous les modèles : Dailymotion, Deezer, Société générale, Neuf Cegetel, SFR, Bouygues Telecom…
LES REMARQUES DE SKEUDS :Pour Deezer, il fallu que ce site "donne sa mère" afin que le deal soit conclu. Avec un succès de visiteurs, certes mais à quel prix ... et bientôt ce site mettra de la pub en plein milieu des morceaux (le site l'a annoncé vendredi).
Pensez-vous reconquérir la « génération perdue », qui n’a jamais été habituée à payer pour de la musique ?
Ce concept veut que les moins de 18 ans n’achètent plus de musique. Or, nous avons vendu, en 2007, 650 000 albums de Tokio Hotel. Je ne suis pas sûr que ce soit les 60 ans et plus qui se sont précipités dessus. Il y a des manières de consommer différentes, certes, mais il y
a maintenant 9 millions de titres disponibles sur les plates-formes légales.
LES REMARQUES DE SKEUDS :Oui, mais dans le même temps, les jeunes n'ont eu le droit qu'à cela. A cet erzatz de groupe de rock. Et ces jeunes là n'ont rien acheté d'autre. Tant pis.
Certains demandent de taxer directement les fournisseurs d’accès à Internet. Et vous ?
Soit on pense, c’est mon cas, qu’en assainissant la situation, il y a des modèles économiques qui vont émerger comme aux Etats-Unis. Soit on pense qu’on ne va pas s’en sortir et il faut rentrer dans un modèle d’économie subventionnée, donc taxer.
LES REMARQUES DE SKEUDS : Nous avons un modèle inédit et nous ne sommes surement pas les seuls. Mais même si ceux ci ne sont pas, au goût des maisons de disques, pas satisfaisants pour ces ex HEC ou ESSEC, pourquoi taxer les FAI qui vont faire payer plus cher les internautes. Pourquoi toujours taxer ? Et pourquoi taxer la mémé qui ne se sert d'Internet que pour converser avec ses enfants ou petits enfants ? En France, nous ne savons que taxer et non réfléchir.
Pour parler d'Internet, chez Universal France, Skeuds est connu. Nous ne recevons rien en ce qui concerne la musique noire urbaine, uniquement des annonces pour des merdes made in France de chanteurs déjà fatigués. Pas même de Rap ni de R&B français. Heureusement que nous bossons très bien avec les USA.
D'ailleurs voici un mail envoyé à Skeuds par Universal France ....

Du bon Hip Hop .. à moins que cela ne soit du R&B
Du temps de Real Flavas avec Nicolas et Claude Anelka, nous ne bossions bien qu'avec Universal, car à la "tête" de la branche urbaine, il y avait un gars motivé (qui est parti à Londres, ensuite), Didier D. Avec lui, les choses ont très vite avancé.
Par contre, je me souviens d'un RDV avec un type de chez BMG, Claude Anelka était avec moi. Nous avons attendu une heure pour seulement recevoir, avec une grande mansuétude de la part de notre hôte, seulement une carte de visite et une invitation à le rappeler. Ce type chargé de la musique noire chez BMG ressemblait plus à un gars fraichement sorti d'une quelconque école de commerce ne connaissant rien, ni à la politesse mais, c'est pire, ni à la musique.
Et l'on s'étonne que la musique ne se vende pas. Tant que Pascal Negre et ses sbires considéreront la musique comme de la lessive (référence à Kool & the Gang vendu avec des paquets de lessive Bonux, voir ICI et ICI), le marché musical tirera la tronche .... même si par derrière, le temps est malgré tout ensoleillé.
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